MyoLine – plateforme d’immortalisation de cellules humaines

Contacts: Vincent Mouly, Anne Bigot, Kamel Mamchaoui

Avec le développement de thérapies innovantes telle que la thérapie génique, les cellules musculaires des patients, appelées myoblastes, représentent un modèle in vitro idéal pour tester ces stratégies thérapeutiques. Ces cellules ont l’avantage de diminuer le nombre d’expérimentations sur les animaux mais surtout de porter la mutation exacte du patient dans son propre environnement génétique.

Une des limites de l’approche cellulaire est que ces cellules humaines présentent une capacité proliférative limitée réglée par une horloge mitotique, et entrent en sénescence réplicative après quelques divisions. Cette limite de prolifération est d’autant plus précoce dans les pathologies dégénératives. En utilisant une double transduction à l’aide de vecteurs lentiviraux, nous neutralisons la senescence réplicative de ces cellules et les rendons immortelles.

Aujourd’hui la plateforme d’immortalisation de l’institut de Myologie a généré plus de 130 lignées de myoblastes humains issus de patients atteints de plus de 27 pathologies (DMD, LGMD, OPMD, FSHD, etc), y compris à partir de patients atteints de myopathies non encore étiquetées (MNET), ainsi que de sujets contrôles. Le matériel humain à l’origine de ces lignées est obtenu dans le cadre de la législation, en collaboration avec MyoBank, affiliée à EuroBioBank.

Parce que l’accès aux biopsies musculaires reste très limité pour de nombreuses pathologies, nous avons développé en parallèle une activité d’immortalisation de fibroblastes issus de biopsies de peau des patients. A l’aide d’une transduction lentivirale du facteur myogénique MyoD dont l’expression est inductible, ces cellules sont convertibles en myoblastes et peuvent fusionner en myotubes comme le font les cellules musculaires.

Depuis plusieurs années, ces différentes lignées sont mises à disposition de la communauté scientifique internationale sur la base de collaborations, et de très nombreux laboratoires internationaux les utilisent. Certaines sont aussi utilisées dans le cadre d’accords spécifiques pour le développement d’outils thérapeutiques par des partenaires privés. Cette démarche a pour but d’encourager et de favoriser la recherche sur les maladies neuromusculaires et le développement de
stratégies thérapeutiques.

 

> Quelques exemples de lignées cellulaires