Notre histoire

Le projet : créer un lieu de référence pour les maladies neuromusculaires
Depuis le début des années 80, les dirigeants de l’AFM-Téléthon se sont fixés pour objectif de transmettre aux générations futures un lieu de référence rassemblant au cœur de l’Hôpital public, une consultation spécialisée, des équipes de recherche fondamentale et clinique et un enseignement sur le muscle et ses pathologies. Pour concrétiser ce projet, l’AFM-Téléthon lance le premier Téléthon en 1987 et engage des partenariats fructueux.

Dès 1990, l’AP-HP, avec le soutien de l’AFM-Téléthon, installe dans le pavillon Risler à la Pitié Salpétrière
une consultation pluridisciplinaire consacrée aux maladies neuromusculaires.

Ouverture officielle de l’Institut de Myologie
Inauguré en 1996 au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, l’Institut de Myologie  ouvre ses portes en 1997. Son objectif : coordonner, autour du malade, la prise en charge médicale, la recherche fondamentale, la recherche appliquée, la recherche clinique et l’enseignement

Outre la consultation qui poursuit son action, les enseignements débutent avec la première leçon de myologie donnée par le Pr. Michel Fardeau en ouverture du Diplôme universitaire de pathologie neuromusculaire (1996), et, côté recherche, l’unité Inserm U153 s’installe à l’institut de Myologie. Dès 1998, l’institut créé la 1ère Ecole d’été de myologie destinée à enseigner la myologie à des étudiants et des médecins venus du monde entier. Cette première édition a réuni 34 participants issus de 22 nationalités. En même temps, un centre de documentation est ouvert pour répondre aux questions du public, malades, familles de malades, étudiants… En 1999, l’U153 change de nom et de direction et devient U523 dirigée par Ketty Schwartz.

Inauguration le 29 avril 1997, en compagnie de François D'Aubert, Bernard Barataud, Claudie Haigneré, Ketty Schwartz, Michel Fardeau et Jacques Toubon

 

 

 

 


Inauguration le 29 avril 1997, en compagnie de
François D’Aubert, Bernard Barataud,
Claudie Haigneré, Ketty Schwartz,
Michel Fardeau et Jacques Toubon

 

Premier essai de thérapie génique
La myologie acquiert en 2000 une nouvelle dimension avec la réalisation du 1er essai de thérapie génique sur la myopathie de Duchenne mené en partie à l’institut. En parallèle, l’AFM-Téléthon organise le 1er congrès international de myologie qui a réuni près de 1000 experts, scientifiques et médecins. Suivent l’ouverture de la consultation de génétique (2001), du laboratoire d’histopathologie neuromusculaire dans le pavillon Risler et de l’unité de recherche Inserm U582 dirigée par Pascale Guicheney (2003) qui prend la suite de l’U523.

Le Centre de référence de pathologie neuromusculaire

En 2004 la consultation des maladies du nerf périphérique est inaugurée et l’institut labellisé « Centre de référence de pathologie neuromusculaire ». En 2005, l’unité UMR787-Groupe Myologie dirigée par David Sassoon est ouverte tandis que l’Association Institut de Myologie est créée.

En 2006, Thomas Voit prend la direction scientifique et médicale de l’institut de Myologie qui se dote d’un imageur dernière génération, un aimant 3 Teslas. L’unité U582 est fermée en 2008 et l’unité U974 dirigée par Thomas Voit est inaugurée en 2009.

 

Le Centre de recherche en myologie
Le 1er janvier 2014, les deux unités de recherche fusionnent en une nouvelle structure : le Centre de recherche en  myologie, 1er centre de recherche dédié à cette discipline qui acquiert ainsi une reconnaissance dans le champ scientifique.

 

 

1996-2006 : Michel Fardeau

Michel Fardeau Directeur scientifique et médical de l'Institut de Myologie 1996 - 2006

L’Institut de Myologie a 10 ans…
Souvenons-nous. Avant 1996, avant la naissance de cet Institut, tous les services nécessaires à la prise en charge des personnes atteintes de myopathie étaient géographiquement dispersés : la consultation clinique était installée dans la Division Risler, l’unité de recherches et le traitement des biopsies se situaient rue du Fer à Moulin, les consultations cardiologiques se faisaient à Cochin, les scanners en ville, la spectroscopie RMN à Orsay, quand ce n’était pas à Dijon…
Pas simple de s’y retrouver pour les médecins, d’organiser les rendez-vous pour le secrétariat, surtout itinéraire long et épuisant pour les familles, les patients, qui venaient de pratiquement toute la France et parfois de beaucoup plus loin…

L’ouverture de l’Institut a tout changé…
Consultations cliniques, explorations cardiologiques et respiratoires, imagerie et spectroscopie RMN étaient réunies en un même lieu, à proximité immédiate de l’Unité de recherche. On pouvait enfin développer les études physiologiques, organiser des consultations pluridisciplinaires, avoir des chambres pour que les personnes, les familles puissent se poser, se reposer entre les examens. Les médecins engagés dans l’activité de recherche n’avaient que quelques dizaines de mètres à faire pour aller de la consultation à leurs labos, les lames des biopsies étaient immédiatement consultables pendant les consultations.. Les épreuves d’effort, les examens en spectroscopie RMN pouvaient être réalisés sur place. Tout cela conformément au projet formé aussi bien par les familles que par les médecins depuis tant d’années.

De nouveaux programmes de recherche pouvaient se développer…
dans les dystrophies musculaires, les myopathies congénitales, les atteintes métaboliques, les cardiomyopathies, les syndromes myasthéniques congénitaux, grâce à cette proximité et au « frottement » intellectuel quotidien… Enfin, il était possible d’organiser un enseignement spécifiquement dédié à la myologie ; cet enseignement a aussitôt connu un vif succès à l’échelle nationale, succès redoublé au niveau international par la création d’une École d’Été sur le même modèle, mélant enseignement biologique fondamental et formation clinico-pathologique.

Cependant, tout n’était pas toujours simple…
Le nombre de médecins en charge de la clinique était très réduit, leur statut souvent précaire ; devant l’afflux de patients, les délais de rendez-vous ou de consultations pluridisciplinaires s’allongeaient de plus en plus ; le développement des programmes de recherche se heurtait aux murs de l’unité ; il fallut rouvrir Risler pour y installer le laboratoire de morphologie. L’arrivée de protocole de recherche clinique augmentait notablement la pression de travail sur l’ensemble de l’Institut.

Malgré ces contraintes, les résultats majeurs se succédaient…
Découverte de l’implication du gène de la lamine A/C dans les cardiomyopathies de type Emery Dreifuss de transmission dominante, l’implication des canaux potassiques dans les arythmies cardiaques avec QT long, celle du gène RYR1 dans les « Central Core Diseases » – en collaboration avec nos collègues grenoblois – l’implication du gène de l’αβcrystalline dans les cardiomyopathies avec surcharge en desmine – en collaboration avec une équipe voisine du CHU Pitié-Salpêtrière – la découverte de l’implication d’une nouvelle classe de protéines, les sélénoprotéines, dans les Rigid Spine Syndromes et myopathies de type multiminicore, etc.

Des progrès substantiels étaient réalisés…
dans l’analyse des myopathies métaboliques et des maladies mitochondriales, grâce à la proximité et l’implication des équipes de physiologie et de spectroscopie RMN. Surtout, des protocoles thérapeutiques nouveaux s’installaient, en particulier les greffes des myoblastes squelettiques dans les lésions ischémiques du myocarde, et un premier protocole de thérapie génique de phase I dans les dystrophies de Duchenne/Becker, avec un plasmide-dystrophine.

Je n’ai volontairement cité aucun nom…
tant la liste de ceux et celles qui ont contribué à ces résultats est longue. Toutes et tous ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour la réussite de cet Institut. Tous et toutes sont cependant bien conscients qu’après huit années, il faut repenser bien des choses pour son développement. Il faut pouvoir faire face à la demande croissante de consultations, d’examens, et surtout à la multiplication et à la complexité croissante des protocoles de recherche clinique et des nouvelles pistes thérapeutiques. Le périmètre de l’Institut devra sans doute s’agrandir pour permettre le développement des voies innovantes et affermir l’implantation de l’Institut sur le site de la Pitié-Salpêtrière.  Il faut penser à redéfinir certaines fonctions de l’intérieur même, et à la tête, de l’Institut.

Avec les années, on ne perçoit peut-être plus avec la même acuité combien cet Institut a innové, combien important a été et reste le lien direct, quotidien, établi entre ceux qui cherchent, ceux qui soignent, et ceux et celles qui sont frappés par la maladie. Cet esprit a, heureusement, aujourd’hui tendance à diffuser. Difficile cependant de ne pas voir que dans ce sens, l’Institut de myologie a été, à bien des égards, exemplaire.

Michel Fardeau

 

 

2006-2015 : Thomas Voit

Thomas Voit Directeur scientifique et médical de l'Institut de Myologie (2006-2015)

En 2006, Thomas Voit prend la direction scientifique et médicale de l’institut et l’Association Institut de Myologie est créée, ouvrant l’ère de la valorisation. L’Institut affirme sa stature internationale en multipliant les  collaborations avec tous les continents, les publications dans les revues scientifiques, les dépôts de brevets et les essais cliniques.

Si la création du Centre de recherche en myologie constitue la première étape de cette valorisation, la seconde comprend le développement de centres experts pour les essais cliniques, en pédiatrie (projet I-Motion) et pour les adultes (projet Institut du muscle et de médecine innovante, IMMI). Troisième étape, dans les cinq ans, créer une Fondation Institut de Myologie afin de fédérer les acteurs publics, privés, associatifs, pour un engagement plus pérenne et pour plus de visibilité dans le paysage scientifique et médical en France et, surtout, à l’international.

La reconnaissance scientifique
En se dotant d’un Centre de recherche, premier centre pour cette thématique, l’institut franchit une nouvelle étape non seulement pour la reconnaissance de la myologie, mais aussi pour la pérennisation de ses recherches. Il regroupe à ce jour huit équipes de chercheurs. Chacune a sa propre thématique, mais ensemble, elles contribuent à une meilleure connaissance de tous les aspects de la myologie, à savoir les maladies du muscle squelettique, du cœur et de la jonction neuromusculaire, l’étude du système nerveux central, de la physiopathologie, de la myogenèse, de l’inflammation, des aspects génétiques et la recherche de thérapies. Ces équipes vont contribuer à l’environnement scientifique extrêmement riche avec les autres pôles de l’Institut de Myologie — le département des essais cliniques, le laboratoire de physiologie et d’évaluation neuromusculaire, le département d’imagerie IRM, l’unité de morphologie et la banque de tissus (Myobank) —, le département de médecine interne et le centre de référence maladies neuromusculaires Paris Est de l’hôpital, et le département hospitalo-universitaire “Maladies musculo-squelettiques et innovations thérapeutiques” (DHU Mamuth) formé autour d’équipes des hôpitaux Trousseau, Rothschild, Tenon et de la Pitié-Salpêtrière. Enfin, les collaborations avec d’autres instituts aussi bien nationaux qu’internationaux vont être renforcées.

Vers la reconnaissance médicale
Si la myologie est en bonne voie de reconnaissance au niveau de la recherche, mais ce n’est pas encore le cas en médecine -il n’existe pas de myologue-, malgré le caractère translationnel des recherches menées dans le domaine de la myologie plaçant l’Institut de Myologie à la pointe de l’innovation médicale. Mais la reconnaissance devrait venir avec les traitements : à mesure que le nombre de malades traités va augmenter, il faudra de plus en plus de médecins formés pour les suivre et la médecine suivra le mouvement. En outre, l’étude du muscle malade est riche d’enseignement et c’est un organe modèle pour des pistes thérapeutiques qui pourront servir au muscle vieillissant ou lésé. Autrement dit, la myologie devrait diffuser au-delà des maladies neuromusculaires.

Agrandir l’Institut ?
L’Institut de Myologie manquant de place pour développer ses nombreux projets, l’association Institut de Myologie et l’université Pierre-et-Marie-Curie ont présenté dans le cadre du Contrat Plan État Région (CPER), un projet de construction d’un bâtiment de recherche et d’enseignement en myologie de 6 000 m2 situé au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ce bâtiment permettrait d’accueillir de nouvelles équipes de recherche françaises et internationales, certaines à long terme, d’autres de manière temporaire. Il favoriserait le transfert des recherches vers les essais cliniques afin qu’ils continuent à se multiplier grâce notamment à la proximité avec les malades. Par ailleurs, il pourrait valoriser les innovations développées au sein de l’institut en incitant à la création d’entreprises, de spin-off, grâce à un “hôtel à projets”. L’enseignement en myologie y aurait également une place importante, mais le bâtiment serait aussi ouvert à tous les étudiants en santé de l’université Pierre-et-Marie-Curie au travers d’un learning center médecine. Salles de travail, postes informatiques, matériel technologique innovant, bibliothèque, espace de convivialité, etc., ce seraient 1 000 m2 qui seraient destinés aux étudiants.
Le projet est en cours d’examen.