L’homéostasie myocardique du fer également perturbée dans la myopathie de Becker

Une dérégulation de l’équilibre du fer a été observée dans des cardiomyocytes dérivés de cellules souches pluripotentes induites (iPS) déficientes en dystrophine. Dans des cardiomyocytes dérivés de cellules iPS issues de deux patients atteints de dystrophie musculaire de Becker, chez qui la dystrophine est tronquée plutôt qu’absente, des chercheurs polonais ont observé :

  • des taux élevés d’espèces réactives de l’oxygène (ROS), témoins d’un stress oxydatif élevé ;
  • une diminution du taux de fer labile dans le cytoplasme et les mitochondries contrairement à la surcharge en fer observée dans la myopathie de Duchenne ;
  • une séquestration du fer par la ferritine ;
  • une régulation altérée du fer mitochondrial avec un taux réduit de la protéine mitoNEET.

Dans des cardiomyocytes issus de cellules iPS dans lesquels la dystrophine a été restaurée par édition génomique avec CRISPR/Cas9, l’homéostasie du fer s’est normalisée.
Ces travaux suggèrent que la présence d’une dystrophine tronquée ne suffit pas à préserver le métabolisme myocardique du fer et que la dérégulation du fer est une caractéristique commune aux dystrophinopathies, bien qu’elle se manifeste différemment selon les maladies.