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L’eteplirsen (EXONDYS51®), oligonucléotide antisens autorisé aux Etats-Unis, semble permettre le maintien de la marche de patients traités pendant 4 ans
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L’eteplirsen (Exondys51®) est un oligonucléotide anti-sensUn oligonucléotide anti-sens est un fragment d’ARN, généralement synthétisé en laboratoire, qui peut se lier spécifiquement à un ARN messager naturel : la séquence nucléotidique (sa formule chimique) de l’oligonucléotide anti-sens est complémentaire de celle de l’ARN messager qu’il cible. Il peut ainsi modifier l’ARN messager (saut ou incorporation d’exon(s) en intervenant à l’étape de sa maturation (l’épissage). ciblant le saut d’exonLe saut d’exon est une technique de « chirurgie du gène « qui a pour objectif de rétablir un » bon » cadre de lecture en éliminant un ou plusieurs exons porteurs de l’anomalie. La protéine produite est plus courte mais fonctionnelle. 51 du gèneSéquence d’ADN constituant une unité d’information génétique. Un gène code une protéine assurant une fonction précise. Le gène contient des séquences codantes (exons) et des séquences non codantes (introns). DMD. Développé par le laboratoire Sarepta Therapeutics et autorisé de manière conditionnelle sur le marché américain, l’eteplirsen permet la production de dystrophineProtéine large du sarcolemme. La myopathie de Duchenne (DMD) est une maladie résultant d’une déficience du gène de la dystrophine. dans le muscle.
Une préservation de la marche sur le long terme
Une publication issue du Journal of Neuromuscular Diseases décrit de nouveaux résultats d’un des tous premiers essais de l’eteplirsen incluant 12 participants atteints de DMD âgés de 7 à 13 ans et marchants au moment de l’inclusion. Ils portent sur les données obtenues au test de 6 minutes de marche chez ces garçons après 4 ans de traitement hebdomadaire avec l’eteplirsen comparés aux données d’histoire naturelleCe que les médecins appellent l’histoire naturelle d’une maladie est la description des différentes manifestations d’une maladie et de leur évolution au cours du temps en l’absence de tout traitement (médicaments, kinésithérapie, chirurgie…). de la maladie chez des garçons atteints de DMD, non traités et issus des registres DMD italien et belge.
Après un an de traitement, 17% des participants (2/12) avaient perdu la marche, mais après 4 ans de traitement, tous les autres participants marchaient encore, y compris ceux âgés de plus de 14 ans (4/12). En moyenne, ces participants pouvaient parcourir 196,3 mètres de plus que la cohorte non traitée, une différence significative. En comparaison, l’âge moyen de la perte de la marche était de 13 ans dans la cohorte non traitée, issue des registres.
En revanche, la différence des scores fonctionnels NSAA obtenus après 3 ans de traitement, entre les participants à l’essai et dans la cohorte du registre ne s’avère pas significative. Les données après 4 ans de traitement n’ont pu être obtenues.
Les résultats de cette étude sont à pondérer en raison d’une comparaison, non pas directe à un groupe placeboLe placebo est un produit dont la présentation est identique à celle d’un médicament, mais qui ne contient pas de principe actif. Dans un essai clinique, un placebo est utilisé pour mesurer l’action réelle du médicament testé, en comparant les effets du médicament testé contenant le principe actif et ceux du placebo., mais à un groupe non traité externe à l’étude.
D’autres essais pour évaluer l’efficacité de l’eteplirsen sont en cours, dont un en France.