Décoder les capteurs mécaniques des muscles pour mieux traiter les maladies

IMPACT – Comprendre comment les contraintes mécaniques dérèglent le muscle dans les maladies neuromusculaires 

Stéphane Vassilopoulos, PhD

Enjeu scientifique

Les costamères permettent au muscle de transmettre les forces de contraction tout en préservant son intégrité. Lorsqu’ils sont altérés, les fibres deviennent vulnérables et se dégradent sous l’effet des contraintes répétées. Des travaux récents montrent aussi que ces structures transmettent des signaux mécaniques jusqu’au noyau, influençant l’activité des gènes. Leur dysfonctionnement pourrait donc contribuer directement à la progression de plusieurs maladies.

Problématiques clés à décrypter

L’équipe cherche à préciser comment les costamères contrôlent deux protéines, YAP et TAZ, qui agissent comme capteurs mécaniques. Dans un muscle sain, elles restent en périphérie de la cellule ; dans certaines myopathies, elles migrent vers le noyau et activent des gènes inappropriés. Le projet veut comprendre ce dérèglement, ses conséquences sur l’architecture et le fonctionnement du muscle, et déterminer si cette voie pourrait devenir une cible thérapeutique commune à plusieurs maladies.

Approche scientifique et méthodologique

Les chercheurs analyseront des cellules musculaires de patients et des modèles expérimentaux de Duchenne et de myopathies centronucléaires. Ils étudieront comment les anomalies des costamères modifient la localisation et l’activité de YAP et TAZ, ainsi que l’organisation du noyau et l’expression des gènes. Le projet s’appuie sur des technologies d’imagerie de très haute résolution, capables de visualiser l’architecture musculaire à l’échelle nanométrique, et sur l’évaluation de stratégies thérapeutiques visant à réduire l’activité anormale de YAP/TAZ.

Nous espérons identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et démontrer que des molécules actuellement développées en cancérologie peuvent être réutilisées pour améliorer les traitements des maladies musculaires. Ces travaux pourraient déboucher sur de nouvelles approches thérapeutiques combinant thérapie génique et modulation des voies de mécanotransduction avec des applications potentielles bien au-delà des maladies musculaires.

Stéphane Vassilopoulos, Co-directeur d’une équipe de recherche au Centre de Recherche en Myologie de l’Institut

Impacts attendus sur la recherche et la clinique 

IMPACT pourrait révéler une voie biologique commune à plusieurs maladies musculaires et ouvrir la voie à des traitements complémentaires de la thérapie génique. Les premières observations suggèrent qu’il est possible de corriger certains défauts en modulant YAP/TAZ. Les outils d’imagerie développés dans ce cadre constitueront également une ressource précieuse pour l’étude d’autres pathologies neuromusculaires.