Une cohorte et une biobanque pour mieux comprendre les myosites

MASC2 – Cohorte clinique et biobanque des myopathies inflammatoires 

Pr Olivier Benveniste, MD, PhD

Enjeu scientifique

Les myosites regroupent plusieurs maladies différentes, aux mécanismes et à l’évolution très variables. Deux patients ayant le même diagnostic peuvent présenter des symptômes, une sévérité et une réponse aux traitements très différentes. Pour comprendre cette diversité et améliorer la prise en charge, il est indispensable de disposer de données robustes, longitudinales et directement liées aux observations cliniques.

Problématiques clés à décrypter

L’équipe cherche à mieux distinguer les différents sous‑types de myosites, à identifier les mécanismes immunitaires responsables des atteintes musculaires et à repérer les biomarqueurs capables de prédire l’évolution de la maladie ou la réponse aux traitements. L’objectif est de rendre possible une médecine plus précise et plus personnalisée.

Approche scientifique et méthodologique

Les patients sont suivis tout au long de leur parcours de soins. À chaque étape, des informations cliniques détaillées sont recueillies et des prélèvements biologiques sont réalisés avec leur accord : muscle, sérum, cellules immunitaires, ADN, ARN. Ces échantillons sont conservés dans la biobanque MASC2, puis analysés grâce à des technologies permettant d’étudier l’activité des gènes, des protéines et des cellules. Les résultats sont systématiquement confrontés aux données cliniques pour comprendre les mécanismes propres à chaque forme de myosite.

Les maladies rares sont souvent des modèles qui permettent de mieux comprendre des mécanismes biologiques plus généraux. Ce que nous apprenons grâce aux myosites a déjà trouvé des applications dans d’autres domaines médicaux, notamment pour mieux comprendre certaines complications liées aux immunothérapies utilisées contre le cancer et aux nouvelles thérapies géniques.

Olivier Benveniste, PU-PH, chef du département de Médecine Interne et Immunologie Clinique de la Pitié-Salpêtrière, Co-directeur d’une équipe au Centre de Recherche en Myologie, Coordonnateur du Centre de Référence des Maladies Neuromusculaires pour les myopathies inflammatoires et du réseau national Myosites

Impacts attendus sur la recherche et la clinique

MASC2 constitue un socle essentiel pour identifier de nouveaux biomarqueurs, affiner le diagnostic, mieux prédire l’évolution de la maladie et orienter les patients vers les traitements les plus adaptés. Cette ressource a déjà permis d’améliorer la prise en charge de complications sévères liées aux immunothérapies anticancéreuses, faisant chuter leur mortalité de près de 60 % à moins de 1 %. Elle ouvre la voie à des avancées dépassant le cadre des myosites, en éclairant d’autres situations où le système immunitaire perturbe le muscle.