Traiter la dystrophie myotonique dans son ensemble 

DM1‑NeuroRevert – Comprendre et corriger les atteintes cérébrales dans la dystrophie myotonique 

Mario Gomes-Pereira, PhD

Enjeu scientifique

La dystrophie myotonique de type 1 (DM1 ou maladie de Steinert) est souvent présentée comme une maladie musculaire. En réalité, c’est une maladie multisystémique, et ses atteintes cérébrales – troubles de l’attention, fatigue, difficultés d’apprentissage, troubles du comportement – sont au cœur du handicap vécu par les patients. Pourtant, aucun traitement actuel ne cible le cerveau, et la recherche s’est longtemps concentrée sur le muscle.

Comprendre et corriger les dysfonctionnements du système nerveux central est donc un enjeu majeur de santé publique, essentiel pour améliorer l’autonomie, la scolarité, la vie professionnelle et la qualité de vie des familles.

Problématiques clés à décrypter

Le projet DM1‑NeuroRevert s’articule autour de trois questions clés :

  • Quelles cellules du cerveau sont impliquées ?
    Les neurones ne sont probablement pas les seuls acteurs. Les travaux récents suggèrent que d’autres types cellulaires contribuent aux symptômes cognitifs et comportementaux.
  • Comment la mutation génétique perturbe-t-elle leur fonctionnement ?
    L’équipe analyse les mécanismes cellulaires et moléculaires, les altérations de l’activité des gènes, les anomalies protéiques et les modifications visibles en imagerie.
  • Dans quelle mesure ces altérations sont-elles réversibles ?
    Le projet cherche à déterminer si certains symptômes peuvent être corrigés, et quelles cibles thérapeutiques sont les plus pertinentes.

Approche scientifique et méthodologique

Le projet repose sur des modèles expérimentaux uniques, développés au laboratoire, qui reproduisent les atteintes cérébrales de la DM1. Ces modèles permettent d’étudier la maladie cellule par cellule, avec une résolution impossible à atteindre en clinique.

Les chercheurs combineront :

  • Analyses fonctionnelles des cellules (RNA‑seq, protéomique, imagerie).
  • Études mécanistiques pour relier les anomalies biologiques aux symptômes observés chez les patients.
  • Développement de biomarqueurs capables de mesurer objectivement l’effet des futurs traitements.
  • Évaluation de stratégies thérapeutiques innovantes, notamment des approches de thérapie génique ciblant les cellules cérébrales impliquées.

L’objectif est de passer de la compréhension des mécanismes à la démonstration de la réversibilité de certains symptômes dans des modèles précliniques.

Derrière chaque résultat scientifique, il y a une famille qui attend. Ce projet ne se limite pas à mieux comprendre la maladie. Il vise à ouvrir la voie à des traitements capables de prendre en compte l’ensemble de ses manifestations afin de changer durablement la vie des patients.

Mario Gomes-Pereira, Chercheur au Centre de Recherche en Myologie de l’Institut

Impacts attendus sur la recherche et la clinique

DM1‑NeuroRevert pourrait transformer la prise en charge de la dystrophie myotonique en ouvrant la voie à des traitements qui ciblent enfin le cerveau, en complément du muscle.

À moyen terme, le projet pourrait :

  • identifier les cellules clés à traiter en priorité ;
  • définir le moment optimal pour intervenir ;
  • fournir des biomarqueurs robustes pour évaluer les thérapies.

À long terme, il pourrait :

  • permettre le développement de thérapies combinées muscle + cerveau ;
  • accompagner l’émergence d’essais cliniques centrés sur l’amélioration des fonctions cérébrales ;
  • offrir une prise en charge réellement globale, alignée avec les besoins des patients et la vision de la future Fondation du Muscle.