Une voie encore inexplorée dans la maladie de Steinert

EpiDM – Modifications chimiques de l’ARN dans la dystrophie myotonique 

Enjeu scientifique

La dystrophie myotonique de type 1 (DM1 ou maladie de Steinert) est causée par un ARN toxique qui perturbe le fonctionnement des cellules. Or l’ARN peut lui‑même porter des modifications chimiques capables d’influencer sa stabilité, son utilisation et son impact sur les cellules. Ces mécanismes, mis en lumière par les vaccins à ARN messager, sont étudiés dans le cancer ou les maladies neurologiques, mais restent largement inconnus dans les maladies musculaires. Explorer cette voie pourrait révéler des mécanismes encore invisibles de la DM1.

Problématiques clés à décrypter

Les premiers résultats suggèrent que la m6A est altérée chez les patients. L’équipe veut déterminer si cette modification contribue directement à la maladie, quels ARN sont concernés et quels processus cellulaires sont perturbés. L’enjeu est d’identifier une nouvelle couche de régulation impliquée dans les atteintes musculaires et multisystémiques de la DM1.

Approche scientifique et méthodologique

Les chercheurs analyseront l’ARN de cellules musculaires de patients et de modèles expérimentaux pour mesurer précisément les niveaux de m6A. Grâce au séquençage de dernière génération, ils cartographieront l’emplacement de ces modifications sur les ARN et étudieront leurs conséquences biologiques. Cette approche permettra d’identifier les ARN affectés et les mécanismes cellulaires dérégulés.

Ce projet réalisera la première étude de la m6A dans la maladie de Steinert. Il permettra de mieux comprendre les mécanismes à l’origine de la maladie et d’explorer un domaine encore largement inexploré dans les maladies musculaires. À plus long terme, les connaissances produites pourraient contribuer à l’identification de nouveaux biomarqueurs, ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques et bénéficier à d’autres maladies musculaires, à la régénération musculaire et à l’étude du vieillissement du muscle.

Frédérique Rau, Chercheuse au Centre de Recherche en Myologie de l’Institut

Impacts attendus sur la recherche et la clinique

EpiDM pourrait fournir les premières cartes de la m6A dans le muscle atteint de DM1, révéler de nouveaux biomarqueurs et ouvrir une piste thérapeutique encore inexplorée. Les connaissances produites pourraient également bénéficier à d’autres maladies neuromusculaires, à la régénération musculaire ou au vieillissement du muscle.