Soutenez notre projet de Fondation
Identification d’une nouvelle forme de syndrome myasthénique congénital – Entretien avec Marion Masingue et Stéphanie Bauché
Partager sur
Le casCas isolé. d’une patiente présentant une forme atypique de syndrome myasthénique congenital avec l’identification d’une nouvelle mutation dans le gèneSéquence d’ADN constituant une unité d’information génétique. Un gène code une protéine assurant une fonction précise. Le gène contient des séquences codantes (exons) et des séquences non codantes (introns). LRP4 vient d’être publié dans la revue Science Reports*. Fruit d’une collaboration étroite entre des scientifiques français comprenant des cliniciens du service de Neuro-Myologie et les chercheurs du Centre de Recherche en Myologie, l’article fait le lien entre les manifestations cliniques variées de la maladie et les voies de signalisations impliquées à la jonction neuromusculaire (JNM) perturbées par la mutationModification soudaine et transmissible du matériel génétique. Elle peut être spontanée ou induite par des agents dits » mutagènes » (radiations, produits toxiques,…). du gène. Entretien avec Dr Marion Masingue**, MD et Stéphanie Bauché***, PhD.
Dans quel contexte avez-vous mené ces travaux ?
Marion Masingue. Nous avons identifié, dans notre cohorte française de patients atteints de syndrome myasthénique congénital (SMC), une patiente arrivée dans le service de Neuro-Myologie atteinte d’un syndrome de Cenani-Lenz (agénésie des membres et une malformation rénale) qui présentait une grande fatigabilité et donc une suspicion de myopathie congénitale.
Comment avez-vous procédé et quels résultats avez-vous obtenus ?
MM. Nous avons mené les explorations cliniques classiques et avons finalement suspecté un syndrome myasthénique congénital. Puis nous avons décidé de pousser les investigations pour faire des tests plus spécifiques, de la JNM en particulier, suite à des discussions autour de ce cas avec des collègues du Réseau SMC****. Les données physiologiques obtenues, associées aux données histologiques et au diagnostic génétique par NGS ont permis de confirmer qu’il s’agissait bien d’un SMC lié à une nouvelle mutation dans un gène connu, LRP4.
Les expériences menées in vitro« Dans le verre », expériences réalisées en laboratoire en dehors de l’organisme., en particulier sur des cellules hétérologues ou des cellules musculaires de biopsiePrélèvement d’un petit échantillon d’organe (muscle, peau,…) sous anesthésie locale le plus souvent, destiné à l’examen au microscope. de la patiente ont montré une diminution de la liaison de l’agrine au domaine muté de LRP4 ainsi qu’une diminution de l’agrégation des récepteurs à l’acetylcholine (RACh) induit par l’agrine, entrainant une diminution de la voie de signalisation Agrine/LRP4/MuSK pouvant expliquer la neurotransmission diminuée (décrément) chez la patiente associée à ses symptômes de faiblesse et de fatigabilité musculaire.
Schéma de la JNM avec la voie Agrine/LRP44/MuSK.
Photos d’immunomarquages de JNM humaines.
Comment cette découverte peut-elle améliorer la vie des patients ?
SB. C’est un peu la finalité de tout ce travail : publier pour étoffer les connaissances globales sur les SMC et ouvrir la possibilité pour tout médecin d’identifier, de diagnostiquer et finalement de proposer de nouvelles thérapeutiques afin d’améliorer la vie des malades. Publier est la seule façon de communiquer avec les médecins qui vont voir ces patients.
** Marion Masingue est neurologue et exerce dans le service de Neuro-Myologie et au Centre de Référence des Maladies neuromusculaires Nord-Est-Ile de France.
*** Stéphanie Bauché est ingénieure de recherche au Centre de Recherche en Myologie, dans l’équipe Voies de signalisation et muscles striés dirigée par Antoine Muchir. Les travaux présentés ici ont été réalisés lorsqu’elle faisait partie de l’équipe Connectivité neuromusculaire en santé et pathologies dirigée par Bertrand Fontaine et Laure Strochlic.
**** Le réseau national Syndromes myasthéniques congénitaux a été créé en 2002 et regroupe cliniciens (neurologues, neuropédiatres), pathologistes, généticiens et neurobiologistes qui travaillent en synergie pour mieux comprendre ces pathologies, identifier de nouvelles mutations et prouver leur pathogénicité. Il est actuellement animé par Arnaud Isapof. Des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) sont régulièrement organisées pour discuter de cas cliniques.