La Société Française de Myologie (SFM) a édité « Michel Fardeau, une vie au microscope », un très beau livre dédié au père fondateur de la myologie en France, pionnier internationalement reconnu de la microscopie électronique appliquée aux maladies neuromusculaires.
Entretien avec Nicolas Vignier et Stéphane Vassilopoulos.
Rassemblant témoignages, photos personnelles et archives du laboratoire Risler, ce livre propose d’accéder à des extraits sonores des conversations réalisées par trois chercheurs ayant travaillé avec lui, Nicolas Vignier, Stéphane Vassilopoulos et Andrée Rouche.
La SFM, qui a été fondée par Michel Fardeau, a pleinement soutenu le projet et propose l’accès au livre et aux podcasts depuis son site internet*.


Les auteurs
A son arrivée à l’Institut de Myologie, Nicolas Vignier** a travaillé sur les maladies neuromusculaires mérosine-négatives avec Michel Fardeau. 
Stéphane Vassilopoulos** se demandait, pendant sa thèse dans le laboratoire de Kevin Campbell aux Etats-Unis, qui était ce français dont le nom apparaissait dans tous les articles de microscopie électronique. « J’ai réalisé à ce moment-là qu’il y avait un chercheur français qui avait fait énormément, surtout dans la compréhension, l’analyse, la découverte de toute une classe de myopathies. Après mon post-doc, quand je suis arrivé à l’Institut de Myologie dans les années 2010, j’ai très vite pris contact avec Michel pour lui parler de tout ce qu’il avait fait. J’ai beaucoup appris à l’écouter analyser des biopsies » (SV).
Andrée Rouche, physicienne en optique de formation, a été une collaboratrice de Michel Fardeau à partir des années 1960.
En 2021, lors du pot de départ à la retraite d’Andrée Rouche, Stéphane partage avec Nicolas son souhait de discuter avec Michel Fardeau. Lorsqu’ils lui proposent de raconter ses recherches, l’idée lui plait, et la discussion informelle d’origine évolue en entretiens enregistrés.
« On ne savait pas trop comment utiliser cet enregistrement audio, et j’ai eu cette idée de faire à la fois un podcast et un livre » (NV). Les audios sont accessibles via des flash codes situé au début de chaque chapitre sur le livre et sur le site de la SFM.
« Nous voulions absolument rendre accessibles les audios de Michel, parce ce que c’est beau de l’entendre raconter ses découvertes » (SV).
Carte blanche à Michel Fardeau
Plus de 4h d’enregistrement audio ont donc été recueillies au cours de deux sessions à la fin de l’année 2023, dans la maison de Michel Fardeau à Sceaux.
« Il nous a reçu au coin du feu, c’était des moments sympas à vivre, d’être là, à côté de lui, après toutes ces années passées… c’était une expérience très intéressante. (…) Quand on a eu toute cette histoire, on s’est dit : maintenant il faut en faire quelque chose… » (NV).
Lors des sessions d’interviews, les auteurs ont eu accès aux archives familiales et ont choisi photos, cahiers et autres documents personnels pour accompagner les verbatim. Auxquels ont été ajoutées de magnifiques photos d’appareils et d’objets scientifiques***, d’équipes et de laboratoires, de lames et de microscopie électronique.
De l’importance de la microscopie électronique
L’ouvrage suit le récit de Michel Fardeau et aborde sa jeunesse puis sa vie de chercheur dans ses différents laboratoires, ainsi que l’importance de ses mentors, Raymond Garcin et René Couteau, certaines myopathies qu’il a contribué à caractériser, et se termine sur des réflexions éthiques.
« La raison pour laquelle il a eu tellement d’impact est qu’il a été le premier à prôner l’utilisation des microscopes électroniques. (…) Michel a eu le premier microscope électronique de La Pitié-Salpêtrière. La résolution est telle qu’elle a permis la découverte de l’ultrastructure des cellules, les similitudes et les différences, à trouver des spécificités pour chaque pathologie neuromusculaire. » (SV).
« L’analyse en haute résolution des biopsies de muscles de patients, ça a été une révolution. C’est pour ça qu’il a été admis à l’Académie des Sciences » (NV et SV).
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* Télécharger le livre et écouter les podcasts sur le site de la SFM
** Nicolas Vignier, chercheur dans l’équipe Voies de signalisation & muscles striés au Centre de recherche en myologie et Stéphane Vassilopoulos, chercheur et co-chef de l’équipe Organisation de la cellule musculaire et thérapie de la myopathie centronucléaire dominante au Centre de recherche en myologie.
*** Certaines prises de vue ont été réalisées par Zaky Maayoufi et la direction artistique a été assurée par Fabrice Allard.


