Une équipe de l’Institut de Myologie a réalisé une revue de la littérature afin de faire un état des lieux des troubles sexuels dans les maladies neuromusculaires. L’analyse a porté sur 27 études menées entre 1983 et 2024, soit 2 428 patients.
- Les troubles sexuels sont fréquents et hétérogènes dans les maladies neuromusculaires, avec des mécanismes multifactoriels (endocriniens, neuromusculaires, psychiques ou lié au système nerveux autonome).
- Chez les hommes, il s’agit généralement de troubles de la fonction érectile, et chez les femmes, les données, limitées, suggèrent des atteintes du désir, de la lubrification, de l’orgasme et de la satisfaction sexuelle.
- Dans la maladie de Steinert (dystrophie myotonique de type 1), la dysfonction érectile est souvent associée à un hypogonadisme primaire, sans en être l’unique mécanisme. Chez certaines femmes atteintes, des troubles comme un prolapsus génital peuvent apparaître et entraîner des douleurs pendant et autour des rapports sexuels.
- Dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), les résultats sont hétérogènes et parfois contre-intuitifs, sans relation simple entre sévérité de la maladie et troubles sexuels.
- Dans les neuropathies amyloïdes, les troubles sont fréquemment liés à une atteinte du système nerveux autonome.
- Concernant la sclérose latérale amyotrophique (SLA), les troubles sexuels sont principalement secondaires au handicap et aux facteurs psychosociaux.
- Dans la myasthénie auto-immune, les troubles sexuels sont fortement associés aux comorbidités psychiatriques, comme l’anxiété et la dépression, indépendamment de la sévérité motrice.
- Dans la myopathie de Duchenne, la sexualité est peu abordée en pratique, malgré des besoins exprimés par les patients.
Voir aussi « Maladies neuromusculaires : des troubles sexuels fréquents mais encore tabous »