Équipe 5- Stratégies thérapeutiques basées sur la réparation de l’ARN & physiopathologie du muscle squelettique

France Pietri-Rouxel

Responsable : France Pietri-Rouxel

Objectif principal : Optimiser l’approche thérapeutique pour traiter la Dystrophie musculaire de Duchenne

Les dystrophinopathies sont des pathologies causées par des anomalies du gène DMD qui code pour une protéine appelée dystrophine. Cette protéine est absente dans la Dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) alors qu’elle est présente mais qualitativement et/ou quantitativement altérée dans la Dystrophie musculaire de Becker (BMD). Il est établi que la structure moléculaire de la dystrophine tolère des délétions internes de grande taille. Ce constat a mené au développement de deux stratégies thérapeutiques principales : la thérapie génique classique avec transfert de cDNAs de mini- ou micro-dystrophine fonctionnelle dans les muscles, et le saut d’exon ciblé.

La stratégie du saut d’exon transforme une mutation “hors-cadre-de-lecture” en mutation “dans- le cadre”, ce qui permet l’obtention d’une dystrophine porteuse de délétions internes. Les dystrophines tronquées sont plus ou moins efficaces selon l’effet de la troncature sur la fonction de la protéine. Une attention particulière est accordée à la protéine nNOS qui se lie à la dystrophine et pour laquelle nous avons montré que sa localisation sarcolemmale est cruciale pour le maintien des mécanismes moléculaires  impliqués dans la force musculaire chez les patients atteints de Dystrophie musculaire de Becker. Définir le niveau de restauration de dystrophine nécessaire pour une bonne localisation de nNOS dans le sarcolemme est alors un paramètre essentiel à explorer dans le cadre de la mise au point d’une thérapie dans la DMD qui a pour but à la fois la restauration de la dystrophine et le sauvetage de la fonction musculaire.

Les stratégies de transfert de mini-dystrophine et de saut d’exon ont montré des résultats encourageants grâce à des vecteurs AAV (virus adéno-associés) qui permettent un transfert de gène efficace dans les muscles. Ces vecteurs dont le génome est épisomal et non-intégratif peuvent persister plusieurs années dans les muscles normaux , comme cela a déjà été montré chez les primates. Il faut cependant rester prudent quant à leur persistance dans le muscle dystrophique. En effet, la perte des génomes AAV est corrélée à une disparition progressive de l’expression de l’antisens thérapeutique, comme nous avons pu l’observer récemment chez des souris et des chiens GRMD sévèrement atteints, traités avec AAV-U7. Dans ce contexte, la caractérisation du devenir des vecteurs AAV et leur maintien dans les muscles dystrophiques est un projet important qui arrive dans le contexte du futur essai clinique AAV-U7-exon 53 chez des garçons atteints de DMD, qui devait initialement débuter fin 2015. Dans l’élaboration de cet essai clinique pour le saut d’exon 53 par délivrance loco-régionale, le développement d’un test d’’inclusion des patients est requis. Ainsi, nous contribuons à ce projet à la fois en optimisant l’approche au niveau pré-clinique et en organisant/conduisant le test d’inclusion des patients éligibles pour l’essai de thérapie génique de phase I.

L’équipe gère également la plateforme de production de vecteurs AAV qui fournit des lots de qualité  « recherche » pour l’ensemble du Centre de recherche en Myologie.

 

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Composition de l’équipe

PIETRI-ROUXEL France, Chef d’équipe
BENKHELIFA-ZIYYAT Sofia, Chercheur
FALCONE Sestina, Chercheur
LORAIN Stéphanie, Responsable de groupe
BENEDETTO Chiara, Assistante ingénieur
DASILVA Nathalie, Ingénieur d’étude
GENTIL Christel, Assistante ingénieur
JULIEN Laura, Assistante ingénieur
PECCATE Cécile, Assistante ingénieur
MOLLARD Amédée, étudiant en thèse
GUILBAUD Marine, étudiante en thèse
CHASSAGNE Julie, étudiante en thèse
GARGAUN Elena, étudiante en thèse

Contacts

france.pietri-rouxel@upmc.fr
s.benkhelifa@institut-myologie.org
stephanie.lorain@upmc.fr