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Colloque sur les obstacles au développement de thérapeutiques pour les MNM rares

Méthodologies des essais cliniques

Sharon Hesterlee ©AFM
La recherche clinique pour les maladies neuromusculaires pose un certain nombre de défis que Sharon Hesterlee (Muscular Dystrophy Association, USA) a décrits. D’abord le fait qu’il y a peu de patients et que ce sont souvent des enfants. Mais aussi le fait que l’histoire naturelle des maladies est partielle ou obsolète, et que pour les essais, les bases de données, les registres de patients ou les réseaux nationaux et internationaux ne sont pas encore exploitables à cause de leur hétérogénéité. Il y a enfin le fait qu’une partie des molécules utilisées sont nouvelles et doivent suivre le long chemin habituel des médicaments pour être autorisées. L’auteur préconise donc, pour une plus grande efficacité, la standardisation des pratiques, la prise en compte dès le début des essais des contraintes réglementaires, la collaboration et la mise en commun des ressources, et enfin, les partenariats internationaux.
Thomas Meier ©AFM
Thomas Meier (Santhera, Suisse) s’est appuyé sur son expérience du développement clinique de produits appliqués aux maladies rares neuromusculaires : phase III  idebenone dans ataxie de friedreich, ohase II dans la DMD, dans l’Amaurose de Leber ainsi que dans la dyskinésie dans la maladie Parkinson. Il souligne le rôle des associations pour générer des données, en particulier le nombre de patients par pathologie et faire appel aux patients. Les protocoles d’essais cliniques peuvent se baser sur des études ouvertes permettant l’accès aux traitements gratuitement en attendant l’AMM.
Claudia Hirawat ©AFM
Au cours de la même session, Claudia Hirawat (PTC Therapeutics, USA) a présenté l’essai en cours du PTC124, et les enseignements qu’elle a pu tirer de cet essai. PTC124  permet la translecture des codons stop prématurés. Elle est mutation-spécifique et non maladie-spécifique, la première limite à franchir est donc le génotypage des patients. D’autres éléments peuvent être modifiés pour améliorer la recherche, le développement préclinique, le design des essais cliniques, pour faciliter les processus d’évaluation ou d’enregistrement. Ainsi, il s’agit de compléter l’histoire naturelle des maladies, d’harmoniser et de mettre à jour le plus complètement possible les registres de patients. Mais il est également nécessaire de mieux comprendre ce qui existe déjà en terme de standards de soin et de thérapies (comme les stéroïdes). Enfin, il faudrait mettre au point un instrument d’évaluation de la qualité de vie de patients pour chaque maladie.
D’autres aspects sont primordiaux tels qu’un management fort du projet, des soutiens financiers conséquents, l’implication forte des diverses parties prenantes (les patients et leurs familles, les associations de malades, les chercheurs, les médecins et l’industrie) et l’importance des orientations technologiques.
Channa Debruyne
Channa Debruyne (EMEA), a souligné l’importance de l’optention du statut de Médicament orphelin, et de se tourner vers les agences réglementaires le plus tôt possible.
Petra Kaufmann ©AFM
Petra Kaufmann (University of Columbia, USA) a ensuite décrit la méthodologie employée pour un essai clinique sur la SMA. Pour elle, le goulet d’étranglement se situe entre l’étape préclinique et l’essai sur l’homme, il est dû à la multiplicité des molécules-candidates pour un petit nombre de patients et des ressources limitées. L’auteur a insisté sur l’importance d’éduquer les patients et leurs familles à la nécessité de participer aux essais cliniques, et de faciliter au maximum leur recrutement. Dans le but de rentabiliser le plus possible les essais, il serait utile d’établir un noyau d’éléments communs, sorte d’essai a minima que l’on retrouverait dans tous les essais, pour les rendre comparables.
Robert Leshner ©AFM
Robert T. Leshner (Virginia Commonwealth University, USA) a décrit le fonctionnement du Cooperative International Research Group (CINRG) qui réunit des chercheurs et des médecins, et a pour but de passer plus rapidement possible des thérapeutiques potentielles de la paillasse aux essais sur l’homme. Le groupe comprend 22 centres cliniques en réseau, répartis sur tout le territoire US. Le CINRG a développé des outils pour mesurer aussi bien l’évolution de la force physique des patients que leur qualité de vie, disponibles dans les 22 centres, dans le but d’avoir des mesures fiables et reproductibles quelque soit le site de leur recueil. La structure en réseau du CINRG facilite le recrutement des patients pour des essais cliniques. Enfin, le CINRG mène des essais précliniques : différentes molécules ou associations de molécules sont testées sur des modèles murins de maladies neuromusculaires.