
L’étude d’anomalies musculaires sur biopsie peut donner une fausse image de la réalité si on a réalisé le prélèvement dans une partie du muscle encore intacte. L’Imagerie par résonance magnétique (IRM) permet de s’affranchir de ce biais nous rappelle Volker Straub (University of Newcastle, Grande-Bretagne). Des agents de contraste comme le Bleu Evans, ou un agent ciblant l’albumine associée au gadolinium, ou le MS-325 (un angiomarqueur) permettent d’améliorer le contraste, par exemple entre les tissus conjonctifs et les groupes de fibres endommagées. L’IRM améliorée grâce à ces agents de contraste permet non seulement de visualiser la distribution de la pathologie, mais aussi d’en comprendre la physiopathologie. Des enfants atteints de la myopathie de Duchenne peuvent ainsi avoir à peu près la même délétion, le même profil clinique mais des différences à l’IRM qui restent à élucider.
L’IRM permet également de voir l’effet des traitements, et de le quantifier. L’IRM a donc une application importante tout au long de l’évaluation clinique. Reste à collecter davantage de données pour mesurer l’étendue de l’intérêt de cet outil.

Marc Tadié et Gaëlle Paradot (Institut pour le Recherche sur le Moelle épinière et l'Encéphale, France) ont présenté deux techniques récentes permettant de mieux comprendre le SNC : le « functional imaging brain system » permet de voir quelle aire de Brodmann est impliquée dans telle ou telle fonction, et l’imagerie du tenseur de diffusion (diffusion tensor imaging, DTI) permet de voir la diffusion des molécules. Son principe est simple : si l’on trempe des spaghetti dans un verre d’eau, les molécules ne vont plus se répartir de façon isotropes mais être attirées par les fibres. Il se passe le même phénomène dans le cerveau. La répartition des molécules diffère selon la présence des fibres. Et c’est cela que l’IRM du tenseur de diffusion (DTI-IRM) se propose de mettre en évidence.
Lors d’une blessure axonale diffuse, il permet ainsi de voir si elle est hémorragique ou non, si les fibres sont rompues ou non. Lors d’une myélinolyse centro-pontique, le DT-IRM permet de visualiser la désorganisation complète des fibres.
Le tenseur de diffusion peut être appliqué à certaines maladies médullaires afin de visualiser la compression de la moelle par une tumeur osseuse ou la blessure médullaire. Grâce au DT-IRM on verra en effet des différences invisibles à l’IRM normale : la présence d’astrocytomas, d’hémangioblastome, de métastase (visualisation d’un « trou » dans les fibres), d’une syringomyélie. La DT-IRM est également intéressante pour vérifier qu’une procédure de fixation intramédullaire est possible. Enfin, elle permet aussi d'étudier les douleurs neuropathiques, d'évaluer l’effet des traitements sur la récupération axonale, d’étudier le muscle etc.

L’imagerie par fluorescence présente l’intérêt de pouvoir travailler sur des souris vivantes c’est-à-dire dans des conditions physiologiques, où l’intégrité cellulaire est maintenue.
On utilise un gène d’une protéine fluorescente inséré dans un plasmide électrotransféré dans le muscle d’une souris.
Les souris ainsi génétiquement modifiées ont pour avantage d’offrir une expression homogène et ubiquitaire, des résultats reproductibles, sans recours à des pré-traitements invasifs. Ce type de souris est donc utile pour différentes applications et offrent la possibilité de croisements avec d’autres modèles de souris.
Les inconvénients sont leur coût et le temps nécessaire pour l’obtention de la première génération. L’équipe de Daniel Stockholm (Généthon, France) utilise une technologie rapide la recombinaison homologue à partir de souris KO.
Grâce à ce type de souris génétiquement modifiées, et en utilisant une microscopie multiphoton ainsi que l’imagerie Fret (Foster resonance energy transfert) qui détecte les protéines fluorescentes, les chercheurs ont étudié l'activité in vivo de la calpaïne pendant le jeûne, la dénervation et l'exercice mais aussi l'ischémie. Les souris exprimaient deux molécules fluorescentes reliées mais clivables par la calpaïne (souris CAFI).
En croisant la souris alpha-sarcoglycanopathie et la souris CAFI, ils ont obtenu une lignée « sarcafi », à la fois modèle pour l’alpha-sarcoglycanopathie et utilisable pour visualiser le devenir de la calpaïne dans ce contexte pathologique particulier. Ils ont ainsi montré une élévation anormale de l’activité basale de la calpaïne.
Si les résultats sont hétérogènes et que de telles souris modifiées sont difficiles à obtenir dans certains cas, comme pour la dystrophine, ce type d’approche offre des perspectives intéressantes, notamment pour le criblage préclinique de médicaments et de façon plus générale pour l’étude des processus pathologiques, physiologiques et l’évaluation thérapeutique en temps réel des petits animaux.