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Workshop AFM : Approches thérapeutiques des myopathies

Recherches précliniques

 Workshop AFM - © AFM/R. Bourguet
En ouverture de la session « Modèles animaux/imagerie », Stéphane Blot (Ecole Vétérinaire Nationale, Maisons-Alfort) a rappelé l’intérêt des modèles canins dans les myopathies. Proches de l’homme par leur physiologie et leur grande taille, ils représentent des outils incontournables pour de futurs essais cliniques chez l’homme. Le chercheur a également rappelé la rareté des myopathies spontanées chez le chien. Quatre modèles spontanés de myopathie sont étudiés à l’école vétérinaire nationale : le chien CNM modèle de la myopathie centronucléaire (Labrador retriever), 2 modèles de dystrophie musculaire et le chien GRMD (Golden retriever) modèle de la dystrophie musculaire de Duchenne.
Ensuite Justin Tessié (Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale, Toulouse) a présenté une technique d’imagerie par fluorescence permettant de visualiser l’expression des gènes in vivo, sans avoir besoin de sacrifier ou d’opérer l’animal.
La réunion s’est ensuite poursuivie par une session de pharmacothérapie. Certains aspects fondamentaux ont été abordés par Bruno Gasnier (Institut de Biologie Physico-Chimique, Paris) qui a  montré l’intérêt des transporteurs de lysosomes en pharmacothérapie à l’échelle moléculaire et cellulaire.
 
Quatre autres communications sur des recherches précliniques ont retenu plus particulièrement notre attention. Elles sont résumées dans les paragraphes suivants :
> Potentialités des pièges à radicaux libres amphiphiles dans le traitement des maladies d’origine mitochondrial
> Vecteurs synthétiques pour le transfert de gène dans le muscle
> Traitement pharmacologique de la DMD via la surexpression de l’utrophine
> Potentiel thérapeutique du VEGF dans la sclérose latérale amyotrophique
Potentialités des pièges à radicaux libres amphiphiles dans le traitement des maladies d’origine mitochondriale
Bernard Pucci - © AFM/R. Bourguet
Bernard Pucci (Université d’Avignon)
De nombreuses maladies neuromusculaires, en particulier les myopathies mitochondriales, sont associées à une production accrue de radicaux libres. Une des stratégies thérapeutiques consiste à inhiber l’action de ces composés très réactifs. Par exemple avec des « pièges à radicaux libres ».
B.Pucci et son équipe ont amélioré la biodisponibilité des pièges à radicaux libres en les rendant amphiphiles pour qu’ils passent plus facilement les membranes
Les résultats préliminaires montrent un fort pouvoir antioxydant des pièges à radicaux libres in vitro et in vivo. Ces composés semblent agir spécifiquement au niveau des mitochondries. Ils n’induisent aucune toxicité et présentent une bonne pénétration cellulaire.
Perspectives : optimiser ces pièges à radicaux libres et tester leur effet sur deux modèles murins de myopathies : la souris SJL/J (dysferlinopathie) et la souris mdx (dystrophie musculaire de Duchenne).
Vecteurs synthétiques pour le transfert de gène dans le muscle
Bruno Pitard - © AFM/R. Bourguet
Bruno Pitard (INSERM, Nantes)
La thérapie génique nécessite le transport de macromolécules biologiques (ADN ou ARN) jusque dans le noyau des cellules. Les vecteurs synthétiques sont des outils intéressants pour transporter des acides nucléiques. Il en existe actuellement trois types :
- les lipides cationiques : très efficaces in vitro mais inefficaces in situ
- les copolymères à bloc : inefficaces in vitro mais très efficaces in situ (bien tolérés par organisme)
- les nanosphères
Le système des copolymères à bloc a été utilisé en thérapie génique pour effectuer du saut d’exon et délivrer des ARN directement dans les fibres musculaires de souris mdx. Prochaines étapes : expérimenter une nouvelle voie d’administration de ces vecteurs synthétiques qui permettrait la distribution de gènes médicaments sur des territoires plus étendus, voire dans l’ensemble de l’organisme, via, par exemple, le système vasculaire.
Traitement pharmacologique de la DMD via la surexpression de l’utrophine
Sabine De Laporte - © AFM/R. Bourguet
Sabine de La Porte (CNRS, Gif-sur-Yvette)
S. de La Porte a exposé ses travaux sur la surexpression de l’utrophine dans la dystrophie musculaire de Duchenne. L’utrophine est une protéine apparentée à plus de 80% à la dystrophine. Au cours du développement embryonnaire, l’utrophine est présente dans l’ensemble de la fibre musculaire, puis elle est remplacée par la dystrophine chez l’adulte. A ce stade, elle ne persiste qu’au niveau des jonctions neuromusculaires. Il a été montré que l’utrophine pouvait pallier l’absence de dystrophine et empêcher ainsi la progression de la dystrophie musculaire. En outre, étant normalement exprimée chez les patients, elle ne déclenche pas de réaction immunitaire. La chercheuse a émis l’hypothèse que la L-arginine, un acide aminé, pouvait influer sur la quantité d’utrophine exprimée. Un tel traitement a amélioré significativement la morphologie des muscles de souris mdx (qui présentent une dystrophie musculaire), avec une réduction de 30% des zones nécrosées, une récupération de la force de l’ordre de 30%, et une amélioration significative (30%) sur le plan fonctionnel.
Potentiel thérapeutique du VEGF dans la sclérose latérale amyotrophique
Peggy Lafuste  - © AFM/R. Bourguet
Peggy Lafuste (Université de Louvain)
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est caractérisée par la dégénérescence des jonctions neuromusculaires ainsi que la mort des motoneurones, entraînant une faiblesse puis la paralysie des muscles. Les chercheurs ont observé que l’administration de VEGF (facteur de croissance de l’endothélium vasculaire), par injection ou par transfert de gène, entraînait un retardement de l’apparition des symptômes de la maladie ainsi qu’une augmentation de la survie des animaux. Ils ont aussi récemment montré que le VEGF induisait la croissance des motoneurones et qu’une expression réduite du VEGF était en relation avec le développement de la SLA chez la souris et chez l’homme. Le VEGF pourrait avoir un effet modulateur sur la ramification pré-synaptique : le traitement au VEGF chez des souris saines semble accroître le nombre d’axones terminaux convergeant vers les jonctions neuromusculaires après 8 jours de traitement. Une administration soutenue de VEGF pourrait permettre le maintien de jonctions neuromusculaires fonctionnelles.