Mode non-voyant cliquez ici
 

Xe congrès WMS

Journée du vendredi 30 septembre 2005

> Modèles animal dans les myopathies inflammatoires  par G. Shelton
> Dystrophies musculaires à colonne raide  par A. Ferreiro
> Dystrophies musculaires congénitales (mutations FKRP) : E. Mercuri; T. Toda; ML Sveen
> Myopathies centronucléaires par P. Guicheney
> FSH  par S. Van der Maarel
> Myopathies distales : B. Udd; S. Cirak; A. Oldsfors
Modèles animal dans les myopathies inflammatoires  par G. Shelton
L’un des obstacles à l’étude des myopathies inflammatoires est l’absence de modèle animal pertinent. G. Shelton montre qu’il existe chez le chien une myosite localisée des muscles masticateurs présentant les caractéristiques de la dermatomyosite humaine.  Cette myopathie, la 2ème en fréquence chez l’animal, se caractérise cliniquement par une impossibilité à ouvrir la mâchoire même sous anesthésie. On retrouve sur la biopsie des infiltrats de cellules mononuclées, des lymphocytes B, semblables à ce que l’on trouve chez l’homme dans la dermatomyosite. On note dans le sérum la présence d’anticorps contre les muscles masticateurs, sans réaction croisée avec les muscles des membres.
Le chien présente également une polymyosite avec invasion des fibres non nécrotiques par des lymphocytes T, CD8+, semblable à ce que l’on trouve dans la forme humaine de la maladie.
Ceci fait du chien un très bon modèle spontané pour l’étude des myopathies inflammatoires chez l’homme
Dystrophies musculaires à colonne raide  par A. Ferreiro
A. Ferreiro
Les mutations du gène SEPN1 (codant la sélénoprotéine N) sont responsables de 3 myopathies à début précoce : la dystrophie musculaire congénitale avec rigid spine (RSMD1), la classique myopathie à multiminicores (MmD) et la myopathie liée à la desmine avec des inclusions de corps de Mallory (MBDRM).
Les auteurs proposent que ces 3 myopathies constituent une nouvelle entité qu’ils nomment la myopathie liée au gène SEPN (SEPN-RM). Pour bien définir cette nouvelle entité, ils ont analysé la clinique, la morphologie et les anomalies génétiques de 80 patients issus de 64 familles d’Europe de l’Ouest et de Turquie, recrutés entre 2000-2004. En conclusion :
  • La RSMD1, laMmD classique et la MB-DRM dus à des mutations dans le gène SEPN1 ne sont pas des formes alléliques de plusieurs maladies, mais une même entité.
  • La SEPN-DM est cliniquement homogène mais morphologiquement hétérogène.
Dystrophies musculaires congénitales (mutations FKRP)
  • Communication E. Mercuri
Les mutations dans le gène FKRP entraînent différents tableaux cliniques dont le syndrome de Walker-Warburg (WWS) avec lissencéphalie typique, des formes de DMC avec atteinte cérébrale modérée, et des variantes sans atteinte du système nerveux central (SNC).
Il n’y a pas de corrélation entre la mutation du gène FKRP et la sévérité de l’atteinte cérébrale. Par contre la sévérité de l’atteinte du SNC reflète la sévérité des troubles de la glycosylation de l’alpha-dystroglycane. En particulier l’expression de la dystroglycane est presque toujours absente chez les patients qui ont un phénotype MEB ou WWS. La protéine est moins réduite dans le phénotype DMC avec ou sans kystes cérébelleux. 
 
  • Communications T. Toda
Plusieurs étude récentes ont montré que certaines formes de dystrophies musculaires congénitales (DMC), telles que la DMC de Fukuyama et le syndrome muscle œil cerveau (MEB), étaient associées à des défauts de glycosylation de l’alpha dystroglycane (alphaDG)
Dans la MEB, cela s’explique facilement car le gène POMTGnT1 muté code une enzyme (la POMGnT1) capable de glycosyler l’alpha DG.
En revanche, la DMC de Fukuyama est due à des mutations dans le gène de la fukutine, une protéine qui ne possède pas d’activité enzymatique de glycosylation. Comment expliquer alors que la mutation de la fukutine entraîne un défaut de glycosylation de l’alpha-DG ? Les auteurs japonais ont répondu à cette question en montrant que la fukutine interagissait avec la POMGnT1 et modulait son activité enzymatique. C’est par ce biais que la fukutine agit sur la glycosylation de l’alphaDG. Ces résultats permettent de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques de la DMC de Fukuyama.

 
  • Communication de ML. Sveen
Prévalence et corrélations phénotype/génotype dans LGMD 2I
Les mutations du gène FKRP donnent des formes alléliques de myopathies, distinctes cliniquement dont la LGMD2I
La mutation faux sens C826A est fréquente chez les patients LGMD2I. Cette mutation entraîne un phénotype modéré à l’état homozygote versus un phénotype sévère à l’état hétérozygote.
Les auteurs ont analysé 155 patients de LGMD dont 94 répondent aux critères de LGMD2I. Ils concluent que la LGMD2I est la forme la plus fréquente (94/155) des LGMD au Danemark. 
Myopathies centronucléaires par P. Guicheney
 P. Guicheney
Identification du gène responsable de la forme AD de la myopathie centronucléaire (MCM).
La myopathie centronucléaire est une myopathie congénitale rare caractérisée par une faiblesse musculaire diffuse et de la face, un ptosis et une ophtalmoplégie. L’histopathologie du muscle est caractéristique et montre une centralisation nucléaire et une disposition radiale de bandes sarcoplasmiques autour du noyau.
Pour caractériser les bases génétiques de la MCM AD, la stratégie de linkage du génome a été utilisée chez 3 familles. 3 mutations faux sens du gène de la dynamine 2 ont été identifiées sur les exons 8 et 11 : les mutations R369Q et R465W sont des mutations fondatrices retrouvées dans d'autres familles et la mutation de novo R369W a été transmise dans la 3ème famille.
Remarque : La dynamine  2 est impliquée dans une forme de CMT intermédiaire.
FSH  par S. Van der Maarel
S. Van der Maarel
La FSH est associée à une délétion de répétions D4Z4 portées par le chromosome 4. On retrouve également chez les malades une hypométhylation plus ou moins profonde des D4Z4. Cette hypométhylation, liée à des modifications de structure de la chromatine, concerne l’allèle muté mais est également présente dans les FSH qui ne sont pas liées à une diminution du nombre de D4Z4. On distingue deux groupes de FSH selon le nombre de répétitions portées par le chromosome 4:
Dans le groupe de 1 à 3 repeats regroupant les cas sporadiques, l’atteinte est très sévère et l’hypométhylation des D4Z4 très profonde.
Dans le groupe de 4 à 10 repeats, on retrouve les formes familiales qui présentent une grande variabilité à la fois dans la sévérité de l’atteinte et dans l’hypométhylation (en général moins marquée que dans les formes sévères du premier groupe).
L’auteur cherche à définir si la méthylation peut rendre compte de la variabilité clinique observée dans le 2ème groupe. S’il existe une corrélation entre la méthylation et la gravité de l’atteinte, le taux de la méthylation pourrait constituer un facteur pronostique.
Myopathies distales
B. Udd
 
  • Identification de mutations dans le gène de la nébuline dans une myopathie distale par B. Udd
Une nouvelle mutation non sens dans le gène de la nébuline a été identifiée dans une forme de myopathie distale débutant par une fatigue dans les muscles proximaux puis par une atteinte faciale légère. Par la suite, elle se manifeste par une atteinte modérée des extenseurs des doigts et une atteinte importante du tibial antérieur ainsi que des muscles fléchisseurs du cou. On ne retrouve pas de bâtonnets caractéristiques de cette maladie à l’histologie.

 
 
  • Identification d’une nouvelle protéine, KELCH, mutée dans une forme autosomale dominante de myopathie distale par S. Cirak
L’étude d’une grande famille (comportant 10 personnes atteintes et 3 non atteintes) a permis de localiser en 9p22 puis d’identifier une mutation hétérozygote dans le gène KLHL9 codant la protéine Kelch. Le premier symptôme est un déficit moteur du muscle tibial antérieur puis des muscles des mains, associé à une atteinte sensitive distale des mains et des pieds. La progression de la maladie est lente et l’ambulation est habituellement préservée jusqu’à la 7ème décade.
L’interaction de la protéine KELCH avec des ligases de l’ubiquitine induit une activation de la voie ubiquitine protéasome responsable de l’atrophie musculaire.

 
  • Identification d’une mutation dans le gène GYS1 dans une forme de myopathie distale par A. Oldfors
Le gène GYS1 code l’isoforme musculaire de la synthase du glycogène. Une mutation dans ce gène est responsable d’une forme clinique de myopathie distale avec cardiomyopathie, associée à un trouble du stockage du glycogène dans le foie et le cœur. Cette mutation pourrait provoquer une mort subite d’origine cardiaque chez l’enfant.