Réparation membranaire : un nouveau mécanisme
physiopathologique dans la dystrophie musculaire
Les dystrophies musculaires sont caractérisées par une faiblesse et une fonte
musculaires progressives dues à la nécrose des fibres musculaires. Les gènes
responsables des dystrophies musculaires codent l’intégralité des protéines du
DGC (dystrophine-glycoprotéines), de la matrice extra-cellulaire (qui lient le
DGC) et des enzymes nécessaires à la glycosylation des dystroglycanes. Le
déficit du complexe DGC entraîne une rupture du lien entre la matrice
extra-cellulaire et le cytosquelette.
L’importance du mécanisme de réparation du sarcolemme dans les dystrophies
musculaires a été développée par l’équipe de K. Campell de l’Université d’Iowa
(USA) lors du congrès de Myologie 2005. Il a été notamment souligné le rôle de
la dysferline et le rôle activateur du calcium dans la voie de réparation
membranaire.
L’association d’un nombre important de dystrophies musculaires au complexe
DGC révèle la nécessité d’une intégrité structurelle de la membrane
cytoplasmique du muscle squelettique. En plus de ce complexe, les cellules
musculaires utilisent d’autres mécanismes pour maintenir l’intégrité
sarcolemmique. En effet, l’absence de dysferline chez des souris entraîne une
dystrophie musculaire lentement progressive malgré un complexe DGC fonctionnel.
La dysferline est la première protéine identifiée intervenant dans la réparation
de la membrane musculaire. Les dystrophies musculaires liées à la dysferline
apparaissent ainsi comme une nouvelle classe de dystrophies musculaires où le
mécanisme de réparation (et non la structure) de la membrane cytoplasmique est
anormale. Des mutations du gène de la dysferline sont responsables de la LGMD2B
(dystrophie musculaire des ceintures de type 2B) et de la myopathie de Miyoshi
(myopathie distale).
La connaissance des mécanismes moléculaires de différentes formes de
dystrophies musculaires ouvre la voie à de nouvelles stratégies
thérapeutiques.
> Vendredi 13 mai, 11h45, conférence plénière
de Kevin Campbell (Bases moléculaires de la dystrophie
musculaire)