
DMD : résultats encourageants avec la
micro-dystrophine
La thérapie génique utilisant une « micro-dystrophine » par voie
intraveineuse donne de bons résultats chez différents animaux modèles de la
dystrophie musculaire de Duchenne (DMD). Telle est la conclusion tirée par
l’équipe de J. Chamberlain de l’Université de Washington lors du Congrès de
Myologie à Nantes.
Pour préserver la fonction musculaire, la dystrophine
doit posséder certains domaines fonctionnels essentiels jouant le rôle de lien
mécanique entre l’actine du cytosquelette et la matrice extra-cellulaire. Les
chercheurs ont choisi une micro-dystrophine humaine (ayant en moins les 20
répétitions « spectrin-like » ainsi que le domaine C-terminal) et les vecteurs
viraux AAV recombinants « rAAV6 ».
L’injection de rAAV6/micro-dystrophine a été réalisée chez les souris mdx :
souriceaux et également souris âgées de 19,5 mois. Les résultats ont montré une
expression de la dystrophine dans l’ensemble des muscles de la souris. Le taux
sérique de CPK, un marqueur de la pathologie, était diminué. Une amélioration
des performances fonctionnelles a été observée : augmentation de la masse
corporelle, de la masse musculaire et de la force musculaire. Chez les souris
âgées, la correction des lésions morphologiques pré-existantes était limitée.
Le chien, modèle animal de taille 100 fois plus grande que la souris, a été
utilisé pour la première fois avec cette approche. Les résultats ont montré une
expression initiale importante de la dystrophine.
> Jeudi 12 mai (matin), conférence plénière de Jeffrey Chamberlain
(Thérapie génique du muscule squelettique par voie systémique et à l'aide
d'AAV).
Thérapie génique dans le muscle de singe : des
résultats encourageants
L’administration d’un transgène par les vecteurs rAAV chez les primates
non humains dans le muscle squelettique s’avère possible. Telle est la
communication faite par P. Moullier ( CHU-EFS-Inserm, UMR U649 Nantes) lors du
congrès de Myologie de Nantes.
Des publications ont déjà rapporté à ce jour la bonne tolérance des
transgènes hétérogènes contenant le gène de la dystrophine humaine dans les
modèles murins mais c’est la première fois que ce type d’expérimentation (avec
un rAAV et un gène rapporteur) est réalisé chez le singe. La durée et les
niveaux de transduction sont remarquables. Une seule administration percutanée
chez le singe permet une expression du transgène au-delà de 6 ans sans signe de
toxicité. Cependant, le vecteur ne diffuse que très peu. La perfusion isolée du
membre est une alternative à l’administration percutanée. Les résultats
préliminaires d’études chez le macaque suggèrent la faisabilité de cette
approche.
A noter enfin que les réactions immunologiques chez la souris ne sont pas
complètement superposables chez les primates, ceci revêtant une importance
majeure pour le développement des futurs essais cliniques chez l’homme.
> Jeudi 12 mai (matin), communication de Philippe Moullier
(Transfert de gène dans le muscle de primate à l’aide de vecteurs
rAAV).

Cellules Treg : premier protocole au monde pour
le traitement d’une pathologie auto-immune
Les lymphocytes T régulateurs (Treg) jouent un rôle majeur dans la
prévention des maladies auto-immunes. Le potentiel thérapeutique des Treg a été
démontré dans de nombreuses pathologies auto-immunes dont les polymyosites chez
la souris par l’équipe de D. Klatzmann (CNRS, laboratoire de biologie et
thérapeutique des pathologies immunitaires, Paris).
Parallèlement, les chercheurs ont mis au point les conditions nécessaires à
la purification et l’expansion des Treg humaines pour une utilisation clinique.
Les données pré-cliniques et la méthodologie développée vont permettre la mise
en route d’un protocole clinique dans les polymyosites au 1er trimestre
2006.
Par ailleurs, il est à noter l’intérêt de l’utilisation potentielle des
cellules Treg dans des pathologies telles que le diabète, le lupus, la sclérose
en plaques, ainsi que pour le traitement des rejets anti-greffe.
> Jeudi 12 mai (matin), communication de David Klatzmann
(Nouvelles approches thérapeutiques des pathologies musculaires
inflammatoires).
Sur la voie des essais cliniques pour le saut
d’exon dans la dystrophie musculaire de Duchenne
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie
neuromusculaire due à des mutations dans le gène de la dystrophine. Dans environ
75% des cas, la mutation entraîne un décalage du cadre de lecture aboutissant à
la synthèse d’une protéine non fonctionnelle. Le saut d’exon (exon-skipping) a
pour objectif de supprimer la partie du gène comprenant la mutation afin de
rétablir le cadre de lecture et de permettre à la cellule de fabriquer la
protéine manquante (la dystrophine). Récemment, Luis Garcia et son équipe
(Généthon à Evry) ont réussi grâce à cette technique du saut d’exon (mono-exon)
à rétablir la production d’une dystrophine tronquée mais fonctionnelle chez la
souris. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé un vecteur AAV (adeno
associated Virus) qui a permis d’introduire dans la cellule le gène U7
produisant un petit ARN (du noyau cellulaire). Celui-ci va masquer l’exon
défectueux et ainsi rétablir le cadre de lecture dans la cellule. Après
injection intra-musculaire ou perfusion intra-artérielle de ce couple AAV-U7
chez la souris mdx, l’expression de la dystrophine a été restaurée dans les
plupart des fibres musculaires et les capacités motrices des animaux traités
étaient équivalentes à celles des animaux sains.
La suite de ces travaux a été présentée au cours du congrès Myologie 2005 par
Luis Garcia. Un an après, le niveau d’expression de la dystrophine est toujours
stable dans les muscles de souris traitées par le saut d’exon (AAV-U7). De plus,
les chercheurs ont commencé à appliquer cette même technique du saut d’exon chez
le chien GRMD (modèle de la DMD). Il est à noter que chez ce modèle animal, il
est nécessaire de « sauter » plusieurs exons (saut multi-exons) pour rétablir le
cadre de lecture. Le saut multi-exons ainsi testé in vivo, ouvre de nouvelles
perspectives thérapeutiques chez les patient DMD pour lesquels le saut mono-exon
est insuffisant. Par ailleurs, les chercheurs ont développé de nouveaux vecteurs
(AAV et lentivirus) destinés à être utilisés chez l’homme. Ces résultats majeurs
permettent d’envisager à présent l’application du saut d’exon thérapeutique chez
l’homme.
> Jeudi 12 mai (matin), conférence plénière de Luis Garcia
(Correction pérenne d'une forme de dystrophie musculaire à l'aide d'un AAV
couplé à un saut d'exon thérapeutique très efficient).

La technologie au service de la visualisation du
muscle
Lors du congrès de Myologie 2005, D. Stockholm (Généthon, Evry) a
présenté les résultats de travaux concernant de nouvelles stratégies d’imagerie
associant l’utilisation de microscopes fluorescents et de protéines chimériques
fluorescentes récemment développées. Cette nouvelle technologie a pour but
d’étudier les muscles squelettiques au niveau macroscopique, sub-cellulaire,
aussi bien qu’au niveau moléculaire chez la souris vivante. De telles prouesses
technologiques ouvrent des perspectives considérables d’une part, pour l’étude
des processus physiologiques et pathologiques et d’autre part pour l’évaluation
des thérapeutiques in vivo chez les petits animaux. L’animal devient ainsi son
propre contrôle pour le suivi des nouvelles thérapeutiques et il n’y a donc plus
de nécessité à le sacrifier.
> Jeudi 12 mai, 15h, communication de Daniel Stockholm
(Imagerie par fluorescence du muscle squelettique chez la souris in vivo : de
l’observation de l’organe à la détection de l’activité
moléculaire).

Les cellules adipeuses, thérapie de demain
?
Longtemps considéré comme un simple organe
disgracieux de stockage des lipides, le tissu adipeux se révèle, depuis peu,
être un véritable réservoir de cellules souches, capables de donner naissance à
des cellules cardiaques, vasculaires, osseuses,voire musculaires... En injectant
des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS
et de l'Inserm ont réussi à régénérer des cellules musculaires humaines, sans
réaction de rejet. Ces travaux prometteurs chez la souris ont été présentés
jeudi 11 mai au congrès Myologie 2005. Ils représentent un réel espoir dans le
traitement de pathologies musculaires, notamment les myopathies de Duchenne, une
maladie héréditaire grave se traduisant par une atrophie progressive de tous les
muscles.
En 2004, l'équipe CNRS-Inserm de Louis Casteilla avait démontré
qu'il était possible d'obtenir, in vitro, des cellules cardiaques à partir de
cellules adipeuses. Parallèlement, les équipes Inserm de Bernard Lévy en
collaboration avec l'équipe de Louis Casteilla et l'équipe de Anne Bouloumié
montraient que ces mêmes cellules pouvaient chez la souris se transformer en
cellules constituant les vaisseaux sanguins.
En 2005, les équipes de
Christian Dani, chercheur Inserm et directeur du laboratoire «Cellules Souches
et différenciation» et Gérard Ailhaud, UMR 6543 CNRS (Institut de signalisation,
biologie du développement et cancer) ont réussi à obtenir, à partir de tissu
adipeux de jeunes donneurs, des cellules souches multipotentes dénommées hMADS
(«Human Multipotent Adipose Derived Stem Cell»). Les résultats ont montré qu’une
cellule souche hMADS est capable de donner naissance in vitro à une cellule
musculaire, osseuse, adipeuse ou de cartilage, en fonction de son environnement.
Transplantées en faible quantité chez la souris mdx (modèle animal de la
dystrophie musculaire de Duchenne), ces cellules souches du tissu adipeux n'ont
pas été rejetées en l'absence de traitement immunosuppresseur et ont conduit à
une expression importante et à long terme de dystrophine humaine. Selon le Pr
Gérard Ailhaud, « ces résultats prometteurs ouvrent des perspectives
d'allotransplantation de telles cellules chez des patients atteints de maladies
musculaires. » Ces travaux ont donné lieu au dépôt d'un brevet
international.
> Jeudi 12 mai, 16h15, communication de Louis Casteilla (Tissu
adipeux : un réservoir de cellules souches à visée
thérapeutique).