Voie de signalisation Notch : une fontaine de
jouvence pour le muscle ?
L’incapacité du muscle à se réparer lui-même lors du vieillissement ou à
l’occasion d’une maladie ne serait pas due nécessaireme tà une perte
irréversible du nombre de cellules progénitrices ou de leur potentiel
réparateur. Elle serait plutôt causée par une mauvaise activation d’une voie de
signalisation dénommée «Notch » récemment décrite. Telle est la conclusion tirée
par l’équipe de T.A. Rando de l’Université de Stanford (Californie) lors
du Congrès de Myologie à Nantes.
Dans les conditions normales, la voie
de signalisation Notch joue un rôle important dans les différentes phases
d’activation, de prolifération et de différenciation des cellules souches
musculaires primitives, des cellules satellites et de leurs cellules filles.
L’inhibition de Notch altère de façon importante le processus régénératif
du muscle. L’activation de cette voie de signalisation dans les cellules
satellites, en réponse aux traumatismes (agressions physiques ou autres), varie
en fonction avec l’âge. Un des aspects-clés de l’altération des voies de
signalisation Notch dans les tissus âgés réside dans l’incapacité à réguler de
façon positive l’expression de « delta », le ligand de Notch. En l’absence
d’induction de ce facteur delta, la voie de signalisation Notch n’est pas
activée et les cellules satellites n’arrivent pas à se régénérer suffisamment
pour réparer de façon efficace le muscle lésé. Dans ce contexte, on a pu
démontrer que les cellules satellites âgées conservaient leur potentiel
régénératif intrinsèque mais que c’était leur environnement qui limitait leur
potentiel de régénération. Lorsque Notch est stimulé directement sans passer par
induction du ligand delta, les cellules satellites âgées sont aussi efficaces
que les cellules satellites jeunes. Plus étonnant encore, lorsque les muscles de
souris âgées sont exposés suffisamment longtemps à un milieu provenant de
muscles de souriceaux contenant le facteur delta, la régénération
musculaire chez les souris âgées est identique à celle observée chez les jeunes
souris, preuve que les cellules satellites des souris âgées ont gardé un
phénotype jeune, aussi bien au niveau moléculaire qu’histologique. Ceci ouvre
des pistes thérapeutiques aussi bien dans le domaine de la lutte contre le
vieillissement musculaire physiologique que dans certaines maladies
neuromusculaires, pistes à explorer avec précaution du fait du risque potentiel
d’un développement musculaire anarchique.
> Communication de
Thomas Rando du mardi 10 mai 17h30