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special-myologie-2005- 2452

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Mardi 10 mai 2005 : Programmes myogéniques

Myologie 2005 - Mardi 10 mai
 
  • Canaux potassium : un potentiel thérapeutique à approfondir
  • Voie de signalisation Notch : une fontaine de jouvence pour le muscle ?
  • A la recherche des cellules souches du cœur ?
  • La drosophile à l’honneur : un modèle d’étude de la myogénèse
  • Découverte d’une nouvelle population de cellules
    précurseurs des cellules musculaires squelettiques
 Canaux potassium : un potentiel thérapeutique à approfondir
 
La diversité des stimulateurs des canaux potassium à deux pores « K2P » a été présentée par M. Lazdunski (Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire - Sophia Antipolis) lors du congrès de Myologie à Nantes.
En dehors de leur fonction déjà connue dans le potentiel de repos des cellules, les canaux potassium interviennent dans de nombreux mécanismes physiologiques et pathologiques selon les stimulis.
L’étirement active les canaux potassium mécano-sensibles (TREK-1) qui jouent un rôle important dans les perceptions nociceptives et propioceptives. Les anesthésiques volatiles agissent sur les canaux TASK.
Une autre classe de canaux potassium intervient dans la neuroprotection des cellules. Le riluzole, molécule utilisée dans la traitement des maladies du motoneurone, est un exemple de stimulateur de ces canaux.
Les acides gras polyinsaturés activent les canaux TRAAK. Une autre classe de canaux K2P, sensible aux petites variations de pH, joue un rôle important dans l’apoptose neuronale. Enfin, une nouvelle classe de canal potassium (ASIC) récemment identifiée, est sensible aux stimuli douloureux. Elle est activée par le pH acide. Les canaux ASIC jouent un rôle important dans la perception douloureuse.
Une bonne compréhension des multiples fonctions et localisations des canaux potassium permettrait d’envisager des applications thérapeutiques dans diverses pathologies en dehors des maladies neuromusculaires.
> Mardi 10 mai à 11h45, Conférence plénière de Michel Lazdunski : Sentir avec les canaux ioniques.
Myologie 2005 - Communication de Thomas Rando
Voie de signalisation Notch : une fontaine de jouvence pour le muscle ?
 
L’incapacité du muscle à se réparer lui-même lors du vieillissement ou à l’occasion d’une maladie ne serait pas due nécessaireme tà une perte irréversible du nombre de cellules progénitrices ou de leur potentiel réparateur. Elle serait plutôt causée par une mauvaise activation d’une voie de signalisation dénommée «Notch » récemment décrite. Telle est la conclusion tirée par l’équipe de T.A. Rando de l’Université de Stanford (Californie) lors du  Congrès de Myologie à Nantes.
Dans les conditions normales, la voie de signalisation Notch joue un rôle important dans les différentes phases d’activation, de prolifération et de différenciation des cellules souches musculaires primitives, des cellules satellites et de leurs cellules filles. L’inhibition de Notch  altère de façon importante le processus régénératif du muscle. L’activation de cette voie de signalisation dans les cellules satellites, en réponse aux traumatismes (agressions physiques ou autres), varie en fonction avec l’âge. Un des aspects-clés de l’altération des voies de signalisation Notch dans les tissus âgés réside dans l’incapacité à réguler de façon positive l’expression de « delta », le ligand de Notch. En l’absence d’induction de ce facteur delta, la voie de signalisation Notch n’est pas activée et les cellules satellites n’arrivent pas à se régénérer suffisamment pour réparer de façon efficace le muscle lésé. Dans ce contexte, on a pu démontrer que les cellules satellites âgées conservaient leur potentiel régénératif intrinsèque mais que c’était leur environnement qui limitait leur potentiel de régénération. Lorsque Notch est stimulé directement sans passer par induction du ligand delta, les cellules satellites âgées sont aussi efficaces que les cellules satellites jeunes. Plus étonnant encore, lorsque les muscles de souris âgées sont exposés suffisamment longtemps à un milieu provenant de muscles de souriceaux contenant le facteur delta,  la régénération musculaire chez les souris âgées est identique à celle observée chez les jeunes souris, preuve que les cellules satellites des souris âgées ont gardé un phénotype jeune, aussi bien au niveau moléculaire qu’histologique. Ceci ouvre des pistes thérapeutiques aussi bien dans le domaine de la lutte contre le vieillissement musculaire physiologique que dans certaines maladies neuromusculaires, pistes à explorer avec précaution du fait du risque potentiel d’un développement musculaire anarchique.
> Communication de Thomas Rando du mardi 10 mai 17h30
Myologie 2005 - K.chien
A la recherche des cellules souches du cœur ?
 
Les cellules souches et les maladies cardiaques sont deux domaines de la recherche en ébullition. Le professeur Kenneth CHIEN (récemment promu au prestigieux Massachussets General Hospital de Boston) a présenté ses travaux sur un groupe de cellules entrant dans la formation du muscle cardiaque. A partir de marqueurs spécifiques, il est désormais possible de sélectionner et d’isoler ces cellules progénitrices du muscle cardiaque. Ces cellules Islet1 (ilôt) exprimant le marqueur Isl1 sont capables de donner, au cours du développement embryonnaire, les différentes lignées cellulaires (à la fois musculaires et non-musculaires) qui composent le cœur : myocytes de conduction, myocytes ventriculaires, cellules endothéliales…
Ces résultats forts prometteurs laissent suspecter que ces cellules Islet1 représenteraient la cellule souche du tissu cardiaque sur le même modèle que les cellules souches hématopoietiques (qui donnent les différents éléments du sang).
Si le Pr. Chien est resté très prudent quant aux délais pour de futures applications thérapeutiques, ces recherches représentent un concept très nouveau sur la formation du cœur et sont un exemple d’une coopération transatlantique* réussie.
*Projet CAPTA (cardiac progenitor transatlantic alliance) France, Allemagne, Harvard, San Diego. Coordinateurs : K. Chien (USA) et K.Schwartz (France).
> Conférence plénière de Kenneth Chien du mardi 10 mai 11h45
Myologie 2005 - Communication de Krystof Jagla du
La drosophile à l’honneur : un modèle d’étude de la myogénèse
 
L’équipe de Krysztof Jagla (Laboratoire Inserm U 384, Clermont-Ferrand, France et coordinateur du réseau européen Myores) a démontré que le développement de la patte de la drosophile (communément appelé mouche du vinaigre) est intimement associé à la formation des tendons, éléments qui rattachent le corps musculaire aux os. Chez la drosophile, les seuls muscles attachés aux tendons sont appelés les muscles appendiculaires.
Depuis 1950, la musculature de la patte de la drosophile n’avait pas été étudiée. Elle présente pourtant des similitudes intéressantes avec les muscles des vertébrés dont l’homme.
Pour la première fois, la relation entre les structures tendineuses et les fibres musculaires a été étudiée en profondeur. Grâce à des marqueurs spécifiques, les chercheurs ont pu observer le déroulement de la myogénèse appendiculaire chez la drosophile et l’ont schématisé sur une représentation en 3D très originale des fibres musculaires.
Dans ce processus de formation des muscles, la fonction du récepteur au facteur de croissance EGF (endothelium growth factor) est cruciale dans l’attachement correct des tendons aux muscles.
La compréhension des interactions entre muscle et tendon est un problème peu étudié et pourtant très important dans certaines myopathies. On sait ainsi que la dystrophine (protéine absente dans la myopathie de Duchenne) est très abondante dans cette zone atomique.
> Communication de Krystof Jagla du mardi 10 mai 9h30
Découverte d’une nouvelle population de cellules précurseurs des cellules musculaires squelettiques

Les cellules satellites jouent un rôle très important dans le processus de la régénérescence musculaire. C’est pourquoi, elles représentent un potentiel thérapeutique dans les maladies neuromusculaires dans lesquelles la régénération musculaire est altérée.
L’équipe de F. Relaix (Gottingen, Allemagne) a porté un regard nouveau sur les cellules satellites en identifiant une nouvelle population cellulaire exprimant les facteurs myogéniques Pax3 et Pax7 dans les somites et les membres. Leurs expériences ont permis de suivre cette population cellulaire des premiers stades embryonnaires à l’animal adulte : initialement en état de prolifération dans le myotome, puis dans les muscles fœtaux et embryonnaires du tronc et des membres tout au long du développement.
Ces cellules Pax3+ Pax7+ constituent les cellules progénitrices du muscle et se transforment en cellules myogéniques pour former le muscle squelettique.
Ces résultats démontrent que cette population de cellules Pax3+ Pax7+ représente une source d’importance majeure de cellules myogéniques dans la formation du muscle squelettique. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques dans les maladies neuromusculaires basée sur les cellules satellites.
> Communication de Frédéric Relaix du mardi 10 mai 9h30