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Panorama clinique des myopathies myofibrillaires

Panorama clinique des myopathies myofibrillaires

Myopathies myofibrillaires à Marseille
Un diagnostic de myopathie myofibrillaire, reposant sur les résultats de la biopsie musculaire (histologie, immuno-histochimie, microscopie électronique), a été établi chez vingt-cinq patients à l’hôpital de la Timone à Marseille.
Chez ces 19 hommes et 6 femmes, le début de la symptomatologie, survenu en moyenne à 39 ans, est caractérisé par une atteinte motrice (70%) proximale (36%) ou distale (32%) bien que des symptômes cardiaques ou respiratoires aient été initiaux chez 4 d’entre eux. Pour la majorité des patients (55%), l’atteinte est devenue proximo-distale ; pour 15%, elle est restée distale ; elle s’est limitée aux muscles proximaux dans également 15% des cas. Au cours de l’évolution, des atteintes cardiaque (25%), respiratoire (17%) ou bulbaire (20%) pouvaient être associées. Aucune neuropathie sensitivo-motrice n’a été observée. A la biopsie musculaires, on note la présence de vacuoles bordées dans 65% des cas et un aspect « neurogène » dans 48%. Les CPK sont majoritairement normales ou peu élevées.
Aujourd’hui, le diagnostic génétique est établi pour une famille porteuse d’une mutation du gène de la desmine.
 
Myopathies myofibrillaires en Espagne
Dans un groupe de 33 patients espagnols issus de 25 familles, 8 avaient une mutation du gène de la desmine, 19 étaient porteurs d’une mutation dans le gène de la myotiline et trois patients avaient une mutation dans le gène ZASP.
Chez les patients atteints de desminopathie, on observe : un âge moyen de début égal à 22 ans, une atteinte musculaire distale associée à une symptomatologie cardiaque et fréquemment la survenue d’une insuffisance respiratoire au cours de l’évolution. La biopsie musculaire montre des zones de substances amorphes fortement marquées par l’anticorps anti-desmine et contenant beaucoup d’autres protéines ainsi que de petites vacuoles. Quatre mutations faux-sens différentes et deux délétions également différentes ont été identifiées.
Les patients ayant un diagnostic de myotilinopathie présentent : une faiblesse musculaire distale ou, plus rarement, proximale à un âge moyen de 56,7 ans. Cardiomyopathie, insuffisance respiratoire et neuropathie périphérique sont extrêmement rares. La biopsie musculaire met en évidence des inclusions hyalines polymorphes, de nombreuses vacuoles bordées ou non, fréquemment des corps sphéroïdes et dans quelques cas des foyers de cellules inflammatoires. L’immunohistochimie révèle la présence d’agrégats protéiniques composés de myotiline, de desmine et de nombreuses autres protéines. Même si quelques cas relèvent d’une transmissions autosomique dominante, il s’agit le plus souvent de cas sporadiques. Quatre mutations différentes ont été identifiées.
Chez un des patients atteints de zaspopathie, la maladie était cliniquement et histologiquement semblable à une myotilinopathie.
L’imagerie apporte des éléments intéressants pour le diagnostic différentiel entre desminopathie et myotilinipathie ou zaspopathie.
 
Desminopathie à l’Institut de Myologie
Une étude rétrospective incluant 15 patients (issus de 11 familles différentes), ayant un diagnostic de desminopathie génétiquement établi (8 mutations distinctes du gène de la desmine retrouvées), a été menée à l’Institut de Myologie.
L’âge moyen d’apparition des symptômes est de 34 ans (de 14 à 47 ans). Dans un tiers des cas, l’atteinte cardiaque a précédé l’atteinte musculaire. Dans 50% des cas, la faiblesse musculaire prédomine en distal et aux membres inférieurs. L’atteinte respiratoire est fréquente, parfois sévère. La biopsie musculaire est toujours anormale. Il existe une variabilité intra et inter-familiale importante. L’évolution est variable.
Une atteinte cardiaque est présente dans tous les cas. Sa diversité est notable (troubles du rythme, de conduction, cardiomyopathie hypertrophique mais aussi cardiomyopathie restrictive). En fonction de la fréquence et de la sévérité de cette atteinte cardiaque (sévérité particulière liée aux mutations R406W et R455W), les desminopathies requièrent un diagnostic rapide.
Un tableau de cardiomyopathie parfois précoce associé à une atteinte musculaire progressive, surtout distale, survenant entre 20 et 40 ans, doit faire rapidement évoquer une desminopathie.
 
Zaspopathies : deux familles françaises
Dans 2 familles chez lesquelles existait une transmission autosomique dominante, il a été observé un déficit musculaire distal chez 4 personnes. Ce déficit prédominant à la loge antérieure de jambe et se manifestant, à un moindre degré, à la loge postérieure est apparu entre 30 et 58 ans. L’imagerie musculaire a mis en évidence une atrophie graisseuse des muscles des loges antérieure et postérieure des jambes. La biopsie musculaire a révélé une myopathie myofibrillaire. L’analyse génétique a identifié une mutation faux sens A165V du gène ZASP.
Les zaspopathies se caractérisent par un début tardif (43 ans en moyenne), une atteinte musculaire distale prédominant à la loge antérieure des jambes et l’absence de cardiomyopathie. L’atteinte des muscles proximaux est souvent tardive.

 
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