Résumé
La maladie de McArdle
est une myopathie métabolique qui se caractérise par une forte intolérance à
l’effort, liée à un déficit en glycogène phosphorylase musculaire (ou
myophosphorylase). Les patients présentent, souvent dès l’enfance, une
fatigabilité excessive, des crampes musculaires douloureuses à l’exercice et des
courbatures.
- Objectifs de la recherche
Objectif principal
Vérifier l’hypothèse qu’un
entraînement de type aérobie suivi par les patients améliore leur tolérance à
l’effort et leur qualité de vie. Nous devons répondre à la question suivante
:
- Les patients atteints de la maladie de McArdle répondent-ils à
l’entraînement ?
Objectifs secondaires
Caractériser la maladie
de McArdle à l’exercice selon une approche multiparamétrique sous deux
conditions expérimentales complémentaires (effort court en isométrique et effort
long en dynamique) et mieux comprendre la physiopathologie.
Etablir des
relations entre les paramètres physiologiques testés et apporter de nouveaux
éléments sur la physiologie musculaire (en réponse à l‘exercice) et les
mécanismes d’actions impliqués dans la fatigue périphérique.
Cette étude
pourra déboucher sur la mise au point d’un protocole de conditionnement physique
et une amélioration de la prise en charge clinique et thérapeutique de ces
patients.
La RMN doit répondre aux deux questions suivantes :
- Le
métabolisme aérobie des sujets examinés est-il modifié par le protocole de
réentraînement ?
- La perfusion musculaire post-exercice est-elle modifiée
par le protocole de réentraînement ?
Hypothèse
Le réentraînement a un effet bénéfique
sur les patients atteints de la maladie de McArdle. L’exercice physique pratiqué
de façon régulière doit améliorer la tolérance à l’effort, réduire la fatigue et
le temps d’adaptation à l’effort qui généralement est douloureux en modifiant le
métabolisme musculaire aérobie.
Sujets sédentaires ; entre 18 à 60 ans ; habitant si possible la région
parisienne ; patients recrutés par la consultation de l'Institut de Myologie,
parmi les consultants en cours d'exploration ou récemment explorés. Sur le plan
cardiologique ces patients bénéficient au minimum et de façon systématique, d'un
examen clinique, d'un électrocardiogramme (ECG) et d'une échographie cardiaque ;
tableau clinique caractéristique de la maladie de McArdle ; diagnostic confirmé
par biopsie musculaire (déficit en myophosphorylase) chez le sujet lui même ou
chez un membre de sa famille; absence de déficit musculaire franc (absence de
signe du tabouret ; abduction et antépulsion des bras inférieures ou égales à
90°) ; patient ambulatoire ; niveau basal de CPK inférieur ou égal à 5000 U/l ;
score de Cockroft*<60 (calculé à partir de la créatinine)
* formule de Cockroft : (140 – âge (ans)) x poids (kg) /
0,8 x créatininémie (µmol/l)
Dysfonction ventriculaire connue ; troubles du rythme ventriculaire connus ;
troubles conductifs de haut degré connus ; insuffisance coronarienne connue ;
autres contre indications d'origine cardiovasculaire à une épreuve d’effort (HTA
mal équilibrée, myocardite, péricardite, CMO, troubles du rythme) ; corps
étrangers métalliques intra-corporels (cf fiche sécurité RMN) ; antécédents de
forte rhabdomyolyse avec insuffisance rénale, au cours de laquelle est survenue
une élévation de la créatinine plasmatique supérieure à 50% de la valeur normale
; patient se déplaçant avec assistance ; pathologie articulaire sur les membres
inférieurs entraînant une mobilisation douloureuse ; toute autre pathologie
pouvant interférer avec la pathologie principale ; traitements divers pouvant
interférer avec les fonctions observées et la réalisation des tests d’effort, en
particulier, les béta-bloquants, IEC, diurétiques, hypolipémiants,
vasodilatateurs.
- Bénéfices attendus et/ou risques prévisibles pour les
personnes
Cette étude est considérée comme une recherche avec bénéfice individuel
direct pour les patients. En effet, l’exercice physique ou l’entraînement
devraient améliorer le quotidien des patients, leur bien être et réduire les
difficultés qu’ils rencontrent tous les jours liées à la fatigue. Deuxièmement,
l’activité physique est reconnue pour ces bienfaits sur la santé, une activité
physique pratiquée régulièrement est salutaire à la santé physique et mentale,
elle réduit les risques de maladies chroniques invalidantes (maladies du système
cardiovasculaire, obésité, diabète, cancer du colon…) et accroît la probabilité
de maintenir une autonomie et une qualité de vie. A long terme, l’entraînement
pourrait devenir une thérapie de routine pour les patients atteints de la
maladie de McArdle. A moyen terme, le suivi des patients et de leurs traitements
pourraient être améliorés, les informations tirées de ces différents tests
permettant d’ajuster au mieux la prise en charge thérapeutique.
Les risques
associés à cette étude sont ceux liés à la fatigabilité excessive des patients
(caractéristique connue de la maladie) et aux myolyses ou rhabdomyolyses pouvant
entraîner une insuffisance rénale. Le protocole a toutefois été conçu pour
éviter ces phénomènes (puissance développée faible et progressivité) et
respecter des temps de récupération suffisamment longs entre les différentes
mesures, contrôle du taux de CPK avant chaque évaluation et systématiquement à
48h et 72h après chaque test d’évaluation. Au niveau des mesures
électromyographiques de surface, la sécurité du patient est assurée par des
amplificateurs d'isolement dûment homologués. Concernant l’entraînement à
domicile, chaque semaine un kinésithérapeute rendra visite aux patients pour
assister à une séance d’entraînement et les conseiller ; un contrôle
hebdomadaire de la concentration sanguine en CPK et de la créatininémie devront
également être effectués par les patients à la fin de chacune des 8 semaines
d’entraînement. Par ailleurs un contrôle régulier de la concentration urinaire
en myoglobine sera effectué le lendemain de chaque séance, afin de s’assurer
qu’il n’y a aucune complication de type rhabdomyolyse ; en cas de résultat
positif sur les bandelettes, une prise de sang sera effectuée pour mesurer les
taux de CPK, de myoglobine et de créatinine correspondants et surveiller ensuite
son évolution. La notion de faux positif est exagérée, mais l’examen est « trop
sensible » et constitue donc une surveillance efficace. Une procédure d’urgence
devant une suspicion de rhabdomyolyse à été mise en place à l’hôpital en accord
avec le pavillon Mazarin et le service du Professeur Herson.
Karen Ollivier, Jean-Yves Hogrel, Danielle Gomez-Merino, Norma B. Romero,
Pascal Laforêt, Bruno Eymard, Pierre Portero. Exercise tolerance and daily life
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Karen Ollivier, Pierre Portero, Olivier Maïsetti, Jean-Yves Hogrel.
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K. Ollivier, J-Y. Hogrel, D. Gomez-Merino, M. Berkani, B. Eymard and P.
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