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Essais thérapeutiques

Effets d'un entraînement aérobie chez les patients Mc Ardle au cours d'exercice musculaire

Étude multicentrique internationale

Responsable médical
Responsable scientifique
Pr. B. Eymard
Promoteur
INSERM
CCPPRB
Oui
Nombre patients
Total
A l’Institut de Myologie
 
12
12
Dates prévisionnelles
Début
Fin
 
Septembre 2003
Septembre 2008
Financement
AFM
Outils d'évaluation
EMG ; Biodex ; Bicyclette ; Biologie
Résumé
La maladie de McArdle est une myopathie métabolique qui se caractérise par une forte intolérance à l’effort, liée à un déficit en glycogène phosphorylase musculaire (ou myophosphorylase). Les patients présentent, souvent dès l’enfance, une fatigabilité excessive, des crampes musculaires douloureuses à l’exercice et des courbatures.
 
  • Objectifs de la recherche
Objectif principal
Vérifier l’hypothèse qu’un entraînement de type aérobie suivi par les patients améliore leur tolérance à l’effort et leur qualité de vie. Nous devons répondre à la question suivante :
- Les patients atteints de la maladie de McArdle répondent-ils à l’entraînement ?
 
Objectifs secondaires
Caractériser la maladie de McArdle à l’exercice selon une approche multiparamétrique sous deux conditions expérimentales complémentaires (effort court en isométrique et effort long en dynamique) et mieux comprendre la physiopathologie.
Etablir des relations entre les paramètres physiologiques testés et apporter de nouveaux éléments sur la physiologie musculaire (en réponse à l‘exercice) et les mécanismes d’actions impliqués dans la fatigue périphérique.
Cette étude pourra déboucher sur la mise au point d’un protocole de conditionnement physique et une amélioration de la prise en charge clinique et thérapeutique de ces patients.
La RMN doit répondre aux deux questions suivantes :
- Le métabolisme aérobie des sujets examinés est-il modifié par le protocole de réentraînement ?
- La perfusion musculaire post-exercice est-elle modifiée par le protocole de réentraînement ?
 
Hypothèse
Le réentraînement a un effet bénéfique sur les patients atteints de la maladie de McArdle. L’exercice physique pratiqué de façon régulière doit améliorer la tolérance à l’effort, réduire la fatigue et le temps d’adaptation à l’effort qui généralement est douloureux en modifiant le métabolisme musculaire aérobie.
 
  • Critères d’inclusion
Sujets sédentaires ; entre 18 à 60 ans ; habitant si possible la région parisienne ; patients recrutés par la consultation de l'Institut de Myologie, parmi les consultants en cours d'exploration ou récemment explorés. Sur le plan cardiologique ces patients bénéficient au minimum et de façon systématique, d'un examen clinique, d'un électrocardiogramme (ECG) et d'une échographie cardiaque ; tableau clinique caractéristique de la maladie de McArdle ; diagnostic confirmé par biopsie musculaire (déficit en myophosphorylase) chez le sujet lui même ou chez un membre de sa famille; absence de déficit musculaire franc (absence de signe du tabouret ; abduction et antépulsion des bras inférieures ou égales à 90°) ; patient ambulatoire ; niveau basal de CPK inférieur ou égal à 5000 U/l ; score de Cockroft*<60 (calculé à partir de la créatinine)
* formule de Cockroft :   (140 – âge (ans)) x poids (kg) /  0,8 x créatininémie (µmol/l)
     
  • Critères d’exclusion
Dysfonction ventriculaire connue ; troubles du rythme ventriculaire connus ; troubles conductifs de haut degré connus ; insuffisance coronarienne connue ; autres contre indications d'origine cardiovasculaire à une épreuve d’effort (HTA mal équilibrée, myocardite, péricardite, CMO, troubles du rythme) ; corps étrangers métalliques intra-corporels (cf fiche sécurité RMN) ; antécédents de forte rhabdomyolyse avec insuffisance rénale, au cours de laquelle est survenue une élévation de la créatinine plasmatique supérieure à 50% de la valeur normale ; patient se déplaçant avec assistance ; pathologie articulaire sur les membres inférieurs entraînant une mobilisation douloureuse ; toute autre pathologie pouvant interférer avec la pathologie principale ; traitements divers pouvant interférer avec les fonctions observées et la réalisation des tests d’effort, en particulier, les béta-bloquants, IEC, diurétiques, hypolipémiants, vasodilatateurs.
 
  • Bénéfices attendus et/ou risques prévisibles pour les personnes
Cette étude est considérée comme une recherche avec bénéfice individuel direct pour les patients. En effet, l’exercice physique ou l’entraînement devraient améliorer le quotidien des patients, leur bien être et réduire les difficultés qu’ils rencontrent tous les jours liées à la fatigue. Deuxièmement, l’activité physique est reconnue pour ces bienfaits sur la santé, une activité physique pratiquée régulièrement est salutaire à la santé physique et mentale, elle réduit les risques de maladies chroniques invalidantes (maladies du système cardiovasculaire, obésité, diabète, cancer du colon…) et accroît la probabilité de maintenir une autonomie et une qualité de vie. A long terme, l’entraînement pourrait devenir une thérapie de routine pour les patients atteints de la maladie de McArdle. A moyen terme, le suivi des patients et de leurs traitements pourraient être améliorés, les informations tirées de ces différents tests permettant d’ajuster au mieux la prise en charge thérapeutique.
Les risques associés à cette étude sont ceux liés à la fatigabilité excessive des patients (caractéristique connue de la maladie) et aux myolyses ou rhabdomyolyses pouvant entraîner une insuffisance rénale. Le protocole a toutefois été conçu pour éviter ces phénomènes (puissance développée faible et progressivité) et respecter des temps de récupération suffisamment longs entre les différentes mesures, contrôle du taux de CPK avant chaque évaluation et systématiquement à 48h et 72h après chaque test d’évaluation. Au niveau des mesures électromyographiques de surface, la sécurité du patient est assurée par des amplificateurs d'isolement dûment homologués. Concernant l’entraînement à domicile, chaque semaine un kinésithérapeute rendra visite aux patients pour assister à une séance d’entraînement et les conseiller ; un contrôle hebdomadaire de la concentration sanguine en CPK et de la créatininémie devront également être effectués par les patients à la fin de chacune des 8 semaines d’entraînement. Par ailleurs un contrôle régulier de la concentration urinaire en myoglobine sera effectué le lendemain de chaque séance, afin de s’assurer qu’il n’y a aucune complication de type rhabdomyolyse ; en cas de résultat positif sur les bandelettes, une prise de sang sera effectuée pour mesurer les taux de CPK, de myoglobine et de créatinine correspondants et surveiller ensuite son évolution. La notion de faux positif est exagérée, mais l’examen est « trop sensible » et constitue donc une surveillance efficace. Une procédure d’urgence devant une suspicion de rhabdomyolyse à été mise en place à l’hôpital en accord avec le pavillon Mazarin et le service du Professeur Herson.
 
  • Publications
Karen Ollivier, Jean-Yves Hogrel, Danielle Gomez-Merino, Norma B. Romero, Pascal Laforêt, Bruno Eymard, Pierre Portero. Exercise tolerance and daily life in McArdle's disease. Muscle & Nerve, 2005; 31: 637-641.
 
Karen Ollivier, Pierre Portero, Olivier Maïsetti, Jean-Yves Hogrel. Repeatability of surface EMG parameters at various isometric contraction levels and during fatigue using bipolar and Laplacian electrodes configurations. Journal of Electromyography and Kinesiology, 2005 In press.
 
K. Ollivier, J-Y. Hogrel, D. Gomez-Merino, M. Berkani, B. Eymard and P. Portero. Effets d'un entraînement en endurance sur des patients atteints de la maladie de McArdle. Science & Sports, 2005;20:21-26.
mise à jour : avril 2008