Résumé
Les dysfonctionnements
du rachis cervical sont extrêmement courants dans la population générale et leur
chronicité représentent un coût important. En dépit de ce problème majeur de
santé publique, la pathologie cervicale présente des difficultés en terme de
diagnostic et de traitement. L’évaluation de la force musculaire du cou est une
composante importante de l’étude globale de la musculature cervicale. La plupart
des études ont décrit des méthodes d’évaluation simples de la force musculaire
isométrique du cou mais sa fonction dynamique au cours de contractions maximales
volontaires est en revanche peu connue. De plus, rares sont les études qui
intègrent à ces mesures de force d’autres paramètres issus de l’analyse EMG,
cinématique ou morphologique.
Objectif principal
Il est de caractériser, à partir d’une
approche intégrative prenant en compte des paramètres biomécaniques,
neuromusculaires et morphologiques, les dysfonctionnements du rachis cervical en
fonction de leur étiologie.
Objectifs secondaires
Cette analyse devrait faciliter, à
partir des données quantitatives, la prise en charge thérapeutique et le suivi
des affections cervicales.
Les méthodes mises en place pourraient constituer,
à différents niveaux d’observation, une aide à l’expertise médicale.
Les
données sur la morphologie musculaire permettront de participer à la conception
d’un modèle prédictif du comportement de la mécanique musculaire du rachis
cervical développé au Laboratoire de Biomécanique de l’ENSAM (UMR CNRS 8005).
Les paramètres de force musculaire et d’activité EMGs permettront de valider ce
modèle.
Protocole expérimental
La première étape du projet
portera sur la conception et la construction du système de mesure, adaptables
sur différents dynamomètres, en terme de structure, matériau et design. La
seconde étape portera sur la définition du protocole de mesure de force et sur
sa reproductibilité, à partir de 15 sujets sains. La reproductibilité inter-jour
du système de mesure sera testée. Des tests isométriques et isocinétiques seront
faits pour les fonctions d’inclinaison latérale, de flexion et d’extension. Pour
les tests isométriques, différentes positions cervicales, correspondant à
différentes longueurs musculaires, seront testées. Pour les tests isocinétiques,
chaque fonction sera testée à différentes vitesses angulaires. Des mesures
électromyographiques et cinématiques seront faites dans le même temps.
Parallèlement, la surface de section transversale des muscles du cou sera
déterminée à partir de la technique d’images par résonance magnétique (IRM). La
troisième et dernière étape de ce travail portera sur la caractérisation de la
fonction musculaire de sujets soumis à différentes contraintes cervicales et de
patients dont le rachis cervical est post-traumatique, post-chirurgical,
rhumatologique, ou atteint d’un dysfonctionnement neuromusculaire (environ 15
sujets par groupe). Ce projet devrait permettre de caractériser le rachis
cervical de différentes populations, saines et pathologiques, en terme de force,
d’électromyographie, de cinématique et de géométrie musculaire.