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Portraits de chercheurs

Gisela Stoltenburg
Gisela Stoltenburg - De la chance et du hasard
 
Après avoir travaillé durant 36 ans à l'Université de Berlin, dont 15 ans comme professeur de neuropathologie, Gisela Stoltenburg a décidé d’accepter la direction du laboratoire d’histopathologie à l’Institut de Myologie jusqu’à la fin du mois de mars 2008.
 
Si la neuropathologie classique s’occupe plutôt du cerveau des adultes, Gisela s’intéresse davantage au système nerveux périphérique et au développement du cerveau et du muscle. Parce que les cellules nerveuses parlent entre elles, et parce que le muscle est en même temps le reflet de ce système nerveux puisqu’il en montre les atteintes. Et « parce que les structures sont extrêmement belles ». Pour elle, les biopsies les plus fascinantes sont les biopsies musculaires des nouveaux-nés et des enfants.
L’évolution de l’histopathologie
Gisela a éprouvé « beaucoup de bonheur » à être témoin de l’évolution et du développement de l’histopathologie. Historiquement, cette discipline qui donnait des diagnostics descriptifs intervenait surtout en fin de parcours médical. Maintenant, elle conseille et montre le chemin pour la suite des investigations, elle intervient donc en aval du processus diagnostic. Un exemple : l’examen d’une biopsie montrant des plaques motrices dénervées a  permis l’orientation de la suite de l’investigation sur la moelle épinière et sur l’innervation du muscle. L’histopathologie « moderne » pose des questions qui doivent être résolue par les autres disciplines : pourquoi est-ce là, maintenant ? La biochimie peut-elle expliquer cela ? La génétique ? Est-ce une erreur de métabolisme ? Pour autant, il y a beaucoup d’investigations avant les biopsies.
Autre objet de fascination pour Gisela, l’immunohistologie qui a donné une dimension supplémentaire à la morphologie. On peut visualiser des protéines que l’on n’avait jamais visualisées auparavant : si on avait vu le muscle dystrophique, on n’avait pas vu que c’était la dystrophine qui manquait. Maintenant, on peut prouver que c’est l’absence de dystrophine ou d’une autre protéine qui modifie le muscle !
Sur le chemin de l’Institut de Myologie
Gisela Stoltenburg
« La chance, le hasard et la situation » l’ont menée jusqu’à l’Institut de Myologie. Professeur à l’Université Libre de Berlin, elle prend la responsabilité de l’Institut de Neuropathologie de 1998 à 2003. La fusion de deux services de neuropathologie lui permet de se libérer des contraintes administratives, et elle peut de nouveau s’adonner à sa passion : regarder des lames au microscope. C’est pour cette raison que  Gisela accepte l’invitation de Thomas Voit, et arrive en avril 2007 à l’Institut.
 
Elle apprécie particulièrement qu’il y ait toujours quelqu’un pour discuter des lames, comme Michel Fardeau, par exemple. Elle est ravie par la qualité des coupes et des colorations, et surtout « des techniciennes si bien formées et qui ont des yeux si intelligents ». A l’inverse, elle a été déçue par la négligence de la microscopie électronique qui a été pendant quelques années « délocalisée » à Brest. Maintenant, tout est fait sur place, mais Gisela estime qu’il est difficile fonctionner correctement en n’ouvrant que 2 jours par semaine, alors que les équipes comptent sur les résultats (comme Daniel Hantai avec les plaques motrices). Quant à l’organisation actuelle du laboratoire qui comprend trois orientations : le diagnostic, la recherche et la formation, elle est dans la continuité de ce qu’a toujours connu Gisela. Une de ses multiples idées pour le labo : introduire à terme de nouvelles méthodes de marquage telles que l’hybridation in situ du mRNA et l’immunomarquage pour la microscopie électronique et les Western blot.
 
La vie parisienne
 
Gisela est enchantée de vivre à Paris. Descendus du train, Gare du Nord, avec leurs quatre valises, Gisela et son mari se sont immergés dans la vie culturelle. Son mari, architecte en retraire, prépare en particulier les sorties. Ils trouvent dans les tableaux qu’ils regardent les destinations de leurs prochaines excursions à Pontoise, Auvers-sur-Oise, Chantilly, Fontainebleau ou ailleurs en Ile de France, ce qui leur paraît très stimulant ! Et pour remédier à leurs quelques déboires linguistiques, ils ont décidé de suivre des cours intensifs de français avant de partir en vacances sur la côte atlantique française à l’embouchure de la Loire (la Baule) et au pied des Pyrénées (Biarritz).