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![]() Gisèle Bonne, responsable de l’équipe 2 «Génétique et physiopathologie des laminopathies» de l’unité Inserm 582 à l’Institut de myologie et Nicolas Lévy, professeur de Génétique et responsable d’une équipe Inserm à l’Unité U491 à l’Hôpital de la Timone à Marseille, font le point sur le symposium «Nucléopathies» qui s’est tenu le mercredi 11 mai. Les laminopathies représentent un groupe de 10 pathologies cliniquement et
génétiquement hétérogènes dues à des mutations dans le gène des lamines A/C
(LMNA), deux protéines de l’enveloppe nucléaire. Ces pathologies affectent
spécifiquement différents tissus, de façon isolée ou combinée, comme les muscles
squelettiques et cardiaque, les nerfs périphériques, le tissu adipeux, les os et
la peau. Ainsi, ont été identifiés entre autres la dystrophie musculaire
d’Emery-Dreifuss (AD-EDMD), la myopathie des ceintures de type 1B (LGMD1B), une
forme de cardiopmyopathie dilatée associée à des troubles de la conduction
cardiaque (DCM-CD) une forme de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT2B1), une
forme de lipodystrophie (FPLD) ainsi que des syndromes de vieillissement
prématurés (Mandibuloacral dysplasia (MAD), Hutchison-Gilford Progeria syndrome
(HGPS), Atypical Werner syndrome (WRN2), Restrictive dermopathy (RD). Depuis
l’identification de la première mutation du gène LMNA codant les lamines A et C,
dans les formes autosomiques dominantes de dystrophie musculaire
d'Emery-Dreifuss (Bonne & all, 1999) les études génétiques et
physiopathologiques ont connu un développement important.
Où en sont les travaux sur les analyses génétiques des laminopathies ? >>> Gisèle Bonne : À ce
jour, nous avons répertorié plus de 197 mutations du gène LMNA chez plus de 980
individus dont 40% ont été identifiées en étroite collaboration avec P. Richard
(UF de Myogénétique et Cardiogénétique), le réseau français «EDMD & autres
pathologies de l’enveloppe nucléaire» et le consortium européen
MyoCluster-Euromen-ENMC. Devant cette très grande diversité, nous avons mis en
place une base de données UMD-LMNA (www.umd.be)
qui rassemble l’ensemble des données cliniques et génétiques des mutations
décrites au sein de nos réseaux ainsi que celles rapportées dans la littérature.
Environ 57 % des individus porteurs de mutations LMNA présentent une
laminopathie affectant les muscles striés squelettique et cardiaque, dont
certaines présentent des phénotypes extrêmement variables. A coté des phénotypes
« classiques » de EDMD, LGMD1B et DCM-CD, nous avons identifié de très rares cas
associant aux signes «classiques» de EDMD, LGMD1B ou DCM-CD, des signes de
lipodystrophie (FPLD) (Van Der Kooi et al., 2002 ; Vanthygen et al., 2004) ou
encore de neuropathie périphérique axonale (CMT2B1) (Goizet et al., 2004).
>>> Nicolas Levy : Les
syndromes progéroïdes segmentaires associés aux Lamines incluent, par ordre de
sévérité croissante, les syndromes de type lipodystrophie-Werner atypique
(LIRLLC, WS), la dysplasie acromandibulaire (MAD), la progéria de
Hutchinson-Gilford (HGPS) et la dermopathie restrictive (RD). Ces syndromes sont
caractérisés par des altérations des niveaux d'expression, des fonctions et de
la distribution des Lamines A/C, soit primaires, dues à des variations
pathogènes de LMNA, soit secondaires, dues à l’altération de ZMPSTE24, impliqué
dans la transformation post-traductionnelle du précurseur prélamine A, à partir
duquel la Lamine A mature est obtenue. Notamment, les mutations de LMNA
responsables des syndromes progéroïdes les plus sévères, HGPS et RD, affectent
spécifiquement la Lamine A. Il a été montré que ces derniers syndromes sont dus
à une accumulation intranucléaire de prélamine A, tronquée ou à l'état sauvage,
respectivement à cause d'une perte de sites de clivage post-traductionnel ou de
la perte d'expression de ZMPSTE24. L'accumulation des précurseurs semble avoir
un effet dominant négatif sur la fonction et distribution des protéines sauvages
résiduelles. De plus, il a été montré récemment in vitro et in vivo, chez des
modèles animaux, que la réduction des niveaux de prélamine A exprimée peut
restaurer un phénotype cellulaire normal de façon spectaculaire. Ces
observations constituent un espoir très concret vers l'application de stratégies
thérapeutiques moléculaires ciblées chez les patients.
>>> Gisèle Bonne : Par ailleurs, des mutations dans un autre composant de l’enveloppe nucléaire, MAN1, ont été récemment identifiées. Ces mutations produisant une perte de fonction de la protéine MAN1 sont responsables du syndrome Buscke-Ollendorff, pathologie osseuse complexe (osteopoikilosis). Howard Worman a présenté les résultats récents de son équipe qui a montré que MAN1 se lie aux seconds messagers Smad2 et Smad3 de la voie du TGF beta et antagonise les effets du TGF beta. Ces résultats sont les premiers à faire le lien entre les défauts de l’enveloppe nucléaire et la régulation de la transduction du signal intracellulaire. Ainsi, il est possible que les mutations affectant les lamines A/C ou l’émerine (dont les mutations sont responsables des formes liées à l’X de EDMD) entraînent une altération de la fonction de MAN1 et de la voie de signalisation du TGF beta, qui pourraient être variables selon les types cellulaires et expliquer ainsi en partie la très grande diversité des phénotypes observés dans les laminopathies. Pouvez-vous nous faire un point sur les mutations murines du gène des lamines A/C ? >>> Gisèle Bonne : La
nosologie de ces pathologies est loin d’être complète, malgré l'identification
de nombreuses mutations. Pour aller plus loin dans les études
physiopathologiques, nous développons deux modèles murins (KI) reproduisant des
mutations LMNA identifiées chez des patients atteints d’EDMD (H222P et delK32).
Les souris du premier modèle H222P développent une dystrophie musculaire et une
cardiomyopathie dilatée sévère très similaires à ce qui est observé chez les
patients atteints de EDMD. Les premières souris du deuxième modèle DelK32 sont
nées fin 2004 et sont en cours d’étude.
Colin Stewart (Frederick, USA) a présenté les modèles murins porteurs de différentes autres mutations LMNA que son équipe a générés dans le but de reproduire les différentes pathologies décrites chez l’homme. Ainsi, ils ont obtenu différentes lignées de souris présentant soit une dystrophie musculaire et une cardiomyopathie dilatée (KO et mutation H195K), soit une progéria (mutation L530P). L’étude de l’ensemble de ces différents modèles murins ouvre de nouvelles voies d’analyse des mécanismes par lesquels les mutations du gène LMNA conduisent à cette multiplicité des pathologies, notamment les différentes voies de transduction du signal telles celles du TGF beta, via Smad, NF-kappa B etc. >>> Nicolas Levy : Le
modèle murin, généré par Colin Stewart (L530P), représente un excellent modèle
pour l'exploration du phénotype de Progeria. Par contre, il ne correspond pas à
la mutation la plus commune de HGPS chez l'homme et par conséquent ne reproduit
pas le mécanisme d'accumulation de la prélamine A tronquée. Un des modèles
actuellement les plus pertinents dans ce contexte de l'accumulation toxique du
précurseur de la Lamine A, correspond au KO du gène ZMPSTE24 développé par
Carlos Lopez-Otin. Nous explorons actuellement ce modèle et prévoyons de
l'utiliser dans des expériences de croisement avec les modèles spécifiques de la
mutation Progeria, lesquels sont en cours de construction. Notre objectif est de
tenter de reproduire in vivo ce que nous avons observé in vitro, à savoir
l'élimination spécifique du précurseur toxique. Par ailleurs, ces modèles seront
utilisés dans le but de bloquer spécifiquement le site cryptique d'épissage de
LMNA, dont l'activation est à l'origine de la Progeria typique.
![]() Mardi 10 mai 2005 : Programmes myogéniques
Mercredi 11 mai 2005 : Gènes et maladies neuromusculaires (partie I)
Jeudi 12 mai : Perspectives thérapeutiques dans les maladies neuromusculaires
Vendredi 11 mai 2005 : Gènes et maladies neuromusculaires (partie II)
> Consulter d’autres news sur la Myologie ![]() La thrombine : un puissant activateur des canaux sodiques cardiaques Jeudi 19 Mai à 11h30.
Caroline Pinet, INSERM U621, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris Auditorium AFM de l'Institut de Myologie, Bâtiment Babinski, Hôpital de la Salpêtrière 50/52 Bd Vincent Auriol, Paris 13 - Métro : Chevaleret Renseignements : Daniel Hantaï - tél : 01 42 16 57 06 Déplétion en glutathion associée à l'insuffisance cardiaque chronique et à la dystrophie musculaire : traitement par le NAC Jeudi 26 Mai à 11h30.
Christophe Adamy , INSERM U581, Hôpital Henri Mondor, Créteil Auditorium AFM de l'Institut de Myologie, Bâtiment Babinski, Hôpital de la Salpêtrière 50/52 Bd Vincent Auriol, Paris 13 - Métro : Chevaleret Renseignements : Daniel Hantaï - tél : 01 42 16 57 06 Journée inter-IFR Pitié-Salpêtrière : Cellules Souches Lundi 30 mai 2005 de 9 h à 18 h.
Journée organisée au CHU Pitié-Salpêtrière (Auditorium de l'Institut de Myologie/ AFM. Bâtiment Babinski) à Paris. Thèmes abordés : - Que sont les cellules souches ? Mise en oeuvre des approches thérapeutiques - "Cellules souches : de la paillasse à l'Afssaps"... ![]() ISPGR 2005 - "International Society for Postural and Gait Research" Du 29 mai au 2 juin 2005, Marseille.
> Renseignement et inscription (pdf) > Site web : http://www.ispgr2005-org.com/ ENS 2005 - 15th Meeting of the European Neurological Society 18-22 juin 2005, Vienne, Autriche.
> Renseignements administratifs et inscriptions 3rd Annual Meeting of the International Society for Stem Cell Research - ISSCR 23-25 juin 2005, San Francisco -USA.
> Renseignements administratifs et inscription > Contact : isscr@isscr.org
![]() Réunion du groupe d’étude sur la myologie (GEM) Jeudi 2 juin de 14 H 00 à 17 H 30
Le GEM (groupe d'Etudes en Myologie) est une réunion de confrontatation de dossiers anatomo-cliniques difficiles (donc non résolus) ou intéressants pour la communauté "Myologie". Entre 60 et 80 spécialistes : neurologues, pédiatres, généticiens, anatomopathologistes, ... venant de France, Belgique et Suisse, assistent aux réunions du GEM pour discuter d'une quizaine de dossiers. Le GEM se réunit environ quatre fois par an. Auditorium AFM de l'Institut de Myologie, Bâtiment Babinski, Hôpital de la Salpêtrière 50/52 Bd Vincent Auriol, Paris 13 - Métro : Chevaleret. > Renseignements : J. Andoni Urtizberea, M.D., Prof., e-mail : ja.urtizberea@wanadoo.fr ![]() > 03/05/2005 : Des
cellules souches multipotentes dans le tissu adipeux : Des travaux
présentés lors du congrès international Myologie 2005 à
Nantes
Des équipes de chercheurs du CNRS et de l'Inserm, soutenues par l'AFM grâce aux dons du Téléthon, ont réussi à générer des cellules musculaires exprimant la dystrophine chez une souris atteinte de myopathie de Duchenne. > Télécharger en pdf le communiqué > 28/04/2005
: Identification d'une population de
cellules cruciales pour la fabrication des muscles
Des travaux présentés lors du congrès international MYOLOGIE 2005 à Nantes. Une équipe de chercheurs français de l'Institut Pasteur (CNRS, Département de Biologie du Développement), soutenue depuis de nombreuses années par l'AFM grâce aux dons du Téléthon, vient d'identifier une nouvelle population de cellules progénitrices du muscle squelettique. Ces cellules expriment les facteurs de transcription Pax3/Pax7 (paired box proteins 3 and 7), indispensables au développement des cellules musculaires. > Télécharger en pdf le communiqué > 29/04/2004 : Les cellules adipeuses,
thérapie de demain ?
Longtemps considéré comme un simple organe disgracieux de stockage des lipides, le tissu adipeux se révèle, depuis peu, être un véritable réservoir de cellules souches, capables de donner naissance à des cellules cardiaques, vasculaires, osseuses, musculaires... En injectant des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS et de l’Inserm ont réussi à régénérer des cellules musculaires humaines, sans réaction de rejet. Ces travaux prometteurs chez la souris sont publiés dans le Journal of Experimental Medicine du 2 mai. Ils représentent un réel espoir dans le traitement de pathologies musculaires, notamment les myopathies de Duchenne, une maladie héréditaire grave se traduisant par une atrophie progressive de tous les muscles. En ligne Des mises à jour sur le site web de l’Institut de Myologie :
A lire L' Homme de chair, Michel FARDEAU
Le cerveau est-il fait pour penser ? Et notre chair, serait-elle faite uniquement pour plaire ? Et si notre cerveau était fait pour animer notre chair ? Pour tendre et détendre nos muscles, pour ainsi visiter le monde ? Nous mangeons, c’est affaire de muscle. Nous respirons, c’est encore affaire de muscle. Notre sang circule dans nos veines, c’est toujours affaire de muscle. Nous travaillons, nous écrivons, nous bâtissons, nous parlons avec nos muscles. Dans ce livre, Michel Fardeau nous raconte et nous explique tout ce que nous avons appris sur nos muscles. Sur leur constitution. Sur leur fonctionnement. Et surtout sur leur subtile pénétration par les terminaisons nerveuses qui leur donnent vie, mouvement, force et résistance. Et comment ces connaissances nous mettent sur la voie d’une meilleure compréhension et d’une guérison possible de ces terribles maladies qu’engendrent les ratés de cette belle machinerie, les myopathies. Michel Fardeau, directeur de recherche émérite au CNRS, et professeur
honoraire au CNAM, a été directeur-médico scientifique de l’Institut de myologie
à l’hôpital La Pitié-Salpêtrière. Il est membre correspondant de l’Académie des
sciences.
Editions Odile Jacob. ISBN 2-7381-1407-5, 04-2005, 155 x 240, 320 pages (30 €). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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