Les myopathies métaboliques constituent un groupe de maladies neuromusculaires assez hétérogènes, le plus souvent génétiquement déterminées, et classées selon le type de substrats énergétiques en cause (glycogénoses, lipidoses, etc.). On y inclut volontiers les myopathies mitochondriales du fait d’une symptomatologie souvent superposable. Depuis 1964, il avait été rapporté dans le nord de la Suède de nombreux cas familiaux de myopathie à l’effort avec épisodes paroxystiques de myoglobinurie sans que l’on puisse rattacher cette myopathie à l’un des groupes connus. Transmise selon un mode autosomique récessif, cette affection se traduisait au niveau histologique par un déficit de deux enzymes : la succinyl-déshydrogénase (SDH) et l’aconitase.
Dans un article publié en mars 2008, des chercheurs américains rapportent l’implication du gène ICSU dans cette myopathie. Ce gène, identifié à partir d’une approche gène candidat, code une protéine impliquée dans les processus de repliement de certains groupements fer-soufre. Ces groupements fer-soufre sont souvent donneurs ou accepteurs d’électrons et interviennent dans le métabolisme de la chaîne respiratoire mitochondriale. Ils auraient ainsi un lien direct dans le métabolisme de la frataxine, la protéine en cause dans la maladie de Friedreich, une maladie au phénotype bien distinct puisqu’associant une ataxie à une cardiomyopathie. Cette observation éclaire d’un jour nouveau les maladies liées aux groupements fer-soufre et laisse entrevoir des perspectives thérapeutiques intéressantes.
Références :