La myasthénie oculaire est une maladie neuromusculaire d’origine auto-immune, assez fréquente notamment chez la femme, entraînant un déficit fluctuant de la musculature des yeux du fait du dysfonctionnement de la transmission de l’influx nerveux au niveau des plaques motrices. Elle est le plus souvent due à la production par l’individu lui-même des anticorps dirigés contre le récepteur à l’acétylcholine (RACh). La prise en charge de cette forme de myasthénie est avant tout médicamenteuse et comprend, le cas échéant, des agents immunosuppresseurs.
Dans un article publié en février 2008, une équipe du Nevada rapporte les résultats d’un essai thérapeutique conduit en ouvert chez 31 personnes (dont une très grande majorité de jeunes femmes) souffrant de myasthénie oculaire le plus souvent séropositive (présence d'anticorps anti-RACh), et visant à montrer que le mycofénylate de mofétil, un nouveau médicament immunomodulateur, pouvait utilement remplacer la corticothérapie jusque là préconisée. Tous les patients étaient au stade de myasthénie oculaire pure et déjà sous corticoïdes depuis plusieurs mois lorsqu’ils ont reçu du Mofétil à la dose journalière de 1 g (soit la moitié de la dose habituelle). Dans 87% des cas, ils ont pu être sevrés des stéroïdes tout en évitant un passage à une myasthénie généralisée. Les auteurs insistent sur la relative bonne tolérance du médicament et militent pour la réalisation d’essais contrôlés et sur le long terme pour ce nouvel agent immunosuppresseur.
Références :
Chan et coll. Mycophenolate mofetil for ocular myasthenia. J Neurol. 2008 Feb 29 [Epub ahead of print]