• 14/11/2006 - Interview de Virginie Jacquemin, thésarde dirigée par Gillian Butler-Browne et Vincent Mouly, responsables de l'équipe « Régénération, pathologies et thérapies du muscle squelettique humain » au sein de l'UMR 787 Groupe Myologie
Le sujet de votre thèse est : "Mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans l'hypertrophie des myotubes humains induite par l'IGF-1". Pourquoi travailler sur IGF-1 et quel est son rôle dans l’hypertrophie musculaire ?
Le facteur de croissance IGF-1 est connu pour jouer un rôle important dans l’induction d’une hypertrophie musculaire et compenser l’atrophie liée au vieillissement. Dans des modèles animaux de dystrophie, il améliore la régénération musculaire. Mais il est aussi connu pour être associé, en cas de taux sériques importants, à un risque plus élevé de certains cancers. Une isoforme spécifique du muscle a donné un regain d’intérêt à cette molécule pour laquelle on pouvait espérer un effet plus ciblé sur les muscles.
Quelle piste avez-vous exploré au départ ?
Au départ mon objectif, était d’étudier le rôle d’IGF-1 dans la prolifération cellulaire de myoblastes humains mais les résultats obtenus n’étaient pas intéressants. On n’a pas retrouvé ce que l’on avait observé chez la souris. Du coup, j’ai réorienté mes recherches sur le rôle d’IGF-1 dans l’hypertrophie, sur des myotubes. Et là ça a vraiment bien marché. On a pu mettre en évidence le rôle bénéfique d’IGF-1 sur la synthèse et la dégradation protéique et montrer qu’il agit en activant deux voies de signalisation (Akt et p42MAPK).
Comment avez-vous pensé qu’il existait un autre signal important ?Parce qu’IGF-1 n’agissait pas directement au niveau des cellules de réserve qui étaient pourtant recrutées. Cela laissait penser qu’il existait un second signal, soluble, sécrété par les myotubes en réponse à l’action d’IGF-1, qui aboutissait au recrutement des cellules réserve pour la fusion. On a fini par découvrir le suspect : c’était l’interleukine 13 (IL-13). Reste maintenant à étudier son intérêt pour d’éventuelles stratégies thérapeutiques.
Références :
> Plus d'informations sur l'UMR 787 "Groupe Myologie".