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Peter Van den Bergh
10/11/2006 - Interview du Pr Peter Van den Bergh : XIe Congrès WMS

En octobre dernier, le XIème congrès international de la World Muscle Society (WMS), s’est tenu à Bruges. Il a permis de faire le point sur les recherches fondamentales, les aspects cliniques et les approches thérapeutiques dans les maladies neuromusculaires. Près de 450 médecins et chercheurs s’étaient rassemblés pour l’occasion. Le professeur Peter Van den Bergh du Centre de référence neuromusculaire (Bruxelles) et président du comité d’organisation du congrès, nous a fait part de ses impressions sur cette 11e réunion de la WMS.
 
Quel est votre sentiment à la suite de ce congrès ?
« Nous sommes ravis ! Cette année, près de 450 experts ont participé à ce XI congrès de la WMS, un vrai défi pour notre comité d’organisation mais surtout un grand succès public. C’est la preuve d’un intérêt toujours grandissant de la part des médecins et des chercheurs pour le muscle et ses pathologies. Toutes les présentations ont été de grande qualité et nous avons particulièrement apprécié la session sur les neuropathies héréditaires, un sujet qui n’avait pas été abordé depuis des années à la WMS et sur lequel il était nécessaire de faire le point après toutes les découvertes génétiques. »
 
Justement, concernant les neuropathies héréditaires, quels points importants ont été abordés ?
Tout d’abord, M. Reilly (Londres, Royaume Uni) et P. De Jonghe (Anvers, Belgique) ont fait le point sur la démarche diagnostique dans les neuropathies héréditaires à la lumière des découvertes génétiques récentes. Actuellement environ 35 gènes sont impliqués dans ce groupe hétérogène de neuropathies comportant la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), les neuropathies motrices distales héréditaires (dHMN) et les neuropathies sensitives héréditaires (HSN). Alors que la duplication du gène PMP22 est responsable de 70-90% des cas de CMT (CMT1A), la décortication des autres cas est compliquée du fait que des mutations sur différents gènes s’expriment par un même phénotype et qu’à la fois plusieurs phénotypes (parfois non-neuropathiques) s’associent à une mutation sur un gène donné. Il est clair cependant que le bilan clinique et neurophysiologique détaillé permet souvent une orientation étiologique, comme par exemple l’origine ethnique ou géographique, l’association d’une surdité ou d’anomalies pupillomotrices, un déficit moteur prédominant sur les mains etc. A noter l’émergence d’une forme intermédiaire de CMT avec des vitesses de conduction motrice intermédiaires, causée entre autres par des mutations sur les gènes de la dynamine 2 et de YARS (tyrosyl-ARNt synthétase).
 
Et concernant la pathogénèse ?
U. Suter (Zürich, Suisse) s’est concentré sur les mécanismes moléculaires et cellulaires responsables de la pathologie des cellules de Schwann dans les formes démyélinisantes de CMT. Le plus souvent le défaut génétique affecte directement la formation de la myéline : 
- composantes de la myéline (PMP22, P0/MPZ, Cx32/GJB1 et périaxine)
- régulateurs de la transcription des gènes myéliniques (EGR2/Krox20 et SOX10)
- groupe de protéines impliquées dans la synthèse, le transport et la dégradation des composantes de la myéline (MTMR2, MTMR13/SBF2, SIMPLE, et peut-être dynamine 2).
 
En dehors des protéines liées à la myéline, les chercheurs ont-ils identifié d’autres facteurs pouvant intervenir dans la pathologie des CMT ?
Oui. Des mutations affectant la fission (GDAP1) ou la fusion (mitofusine 2) mitochondriale ont été idéntifiées. Ce qui souligne l’importance des mitochondries dans la formation et la maintenance de la myéline.
 
Tous ces facteurs ont-ils des liens entre eux ?
Les études fonctionnelles commencent à montrer l’existence de réseaux intriqués comportant le contrôle de la formation et de la stabilité de la myéline, le trafic membranaire, le triage et le contrôle de qualité des protéines intracellulaires et la dynamique mitochondriale. A titre d’exemple, Baloh et coll. (St. Louis, MO, USA) ont montré que l’introduction de mitofusine 2 mutée par lentivirus recombinants dans les neurones du ganglion spinal de la souris in vitro mène à une morphologie et une mobilité mitochondriale anormale dans les neurones sensitifs. 

Références :
> Consulter notre compte rendu en ligne.