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Vanessa Besson, une chercheuse postdoctorante de l’équipe co-dirigée par G. Marazzi et D. Sassoon (UMR 787 – Groupe Myologie) a généré une souris dotée d’un rapporteur permettant de repérer facilement les cellules souches présentes dans des tissus adultes.

En quoi ce modèle de souris est-il simple ?

Nous avons choisi un marqueur facilement identifiable, la beta-galactosidase qui colore les cellules en bleu en présence de X-gal, pour pouvoir suivre  la protéine PW1. Nous avons isolé cette protéine il y a quelques années déjà comme étant un marqueur des cellules souches (CS) musculaires : les cellules satellites et les cellules interstitielles (PICs). Donc, lorsque dans le muscle, PW1 est exprimée, la cellule est bleue.

Est-ce ce que vous avez remarqué ?
En vérifiant la validité du modèle, on s’est aperçu que PW1 marquait non seulement les CS du muscle, mais également les CS d'autres tissus (intestin, cerveau, sang ou peau) ainsi que les CS de tissus où les CS sont moins connues, voire pas connues du tout. De plus, les CS ainsi marquées sont compétentes (non seulement capables de se différencier en divers types cellulaires mais aussi capables de s'auto-renouveler de nombreuses fois).
Par ailleurs, la coloration en bleu varie en fonction de la nature de la CS. Elle est très intense quand la cellule est la plus progénitrice et plus pâle en présence de cellules souches aux capacités plus limitées. Le marquage nous donne donc une indication quantitative sur les capacités de différenciation des CS.

Ce modèle peut-il servir d’outil pour développer des approches thérapeutiques ?
Absolument, c’est justement la compétence des CS qui est intéressante pour la thérapie. L’avantage de ce modèle est que l’on peut les purifier sur la base du bleu et étudier in vitro leur compétence. Plus largement, ce modèle peut servir à identifier rapidement de nouvelles molécules et médicaments ciblés pour les maladies dégénératives. Il permet également de tester directement les médicaments en cours de développement pour suivre leurs effets sur les CS in vivo.

Quelles seront les prochaines étapes ?
Nous allons analyser les CS pour mieux les connaître et découvrir les mécanismes qui les régulent, les conditions dans lesquelles on peut les amplifier et donc identifier les facteurs de croissance, ou encore comment arriver à les mobiliser de façon coordonnée. En parallèle, nous avons mis en place des collaborations avec d’autres laboratoires pour travailler sur les CS de cœur, de pancréas et de moelle épinière. Et nous allons continuer de travailler sur les CS de muscle et leurs particularités.
 
PW1 gene/paternally expressed gene 3 (PW1/Peg3) identifies multiple adult stem and progenitor cell populations.
Besson V, Smeriglio P, Wegener A, Relaix F, Nait Oumesmar B, Sassoon DA, Marazzi G.
Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Jul 12;108(28):11470-5. Epub 2011 Jun 27.
 
Septembre 2011 
Propos recueillis auprès de G. Marazzi et D. Sassoon par Anne Berthomier