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Interview de Thomas Voit

Interview de Thomas Voit

Thomas Voit
3 questions à...
Thomas Voit, Directeur médical et scientifique de l'Institut de Myologie et Directeur de l'unité de recherche U974 qui vient d'être créée.
 
Une nouvelle unité vient d’être créée à l’Institut, Thérapie des maladies du muscle strié (U974) et que vous dirigez. Quelles sont les raisons qui ont conduit à la création de cette unité en 2009 ?
Elle a été créée précisément cette année pour des raisons administratives. En effet le renouvellement de l’unité INSERM tombait en phase avec le nouveau plan quadriennal de l’université, ce qui n’est pas toujours le cas. Nous avons profité de cette opportunité réglementaire pour réfléchir sur nos thèmes et améliorer l’organisation de la recherche à l’Institut, selon un schéma d’ «éclatement-fusion». Pour ce qui est de l’axe scientifique de recherche, nous avons voulu aller davantage vers l’application des approches moléculaires et cellulaires pour la mise en œuvre de thérapies pour les maladies neuromusculaires.
 
Pourquoi voulez-vous développer à l'Institut ce type de thérapie ?
Les biothérapies in vitro et même chez la souris donnent des résultats très prometteurs. L’explosion récente du nombre de journaux internationaux exclusivement dédiés à ces nouvelles thérapies tels que Molecular Therapy ou EMBO Molecular Medicine Journal par exemple, reflète l’activité croissante de ce secteur. Pour une réelle mise en oeuvre, en parallèle doit se développer une recherche qui consiste à adapter des appareils existants à ces nouveaux procédés. Ou encore à inventer, construire et valider des dispositifs d’administration et des outils fiables d’évaluation des biothérapies chez l'animal et chez l'homme. C'est un pré-requis indispensable pour faire fonctionner ces thérapies. Malheureusement, l'invention d'appareils n'est pas un type de recherche actuellement reconnu, nous avons pour cette raison été amenés à modifié la composition de l'unité par rapport au projet initial que nous avons soumis.
 
Justement, pouvez-vous indiquer les équipes qui font partie de l’unité ?
L’U974 a par exemple accueilli certaines équipes de l’ancienne unité INSERM U582 qui se retrouvaient dans cette dynamique. Les équipes ne s’y retrouvant pas se sont rapprochées des unités ou instituts plus proches de leurs thématiques. Par ailleurs, un groupe dont la recherche s’inscrit totalement dans la notre va venir nous rejoindre.
Le projet proposé à nos tutelles* comprenait ainsi cinq équipes: l’équipe 1 menée par Gisèle Bonne qui travaille sur la génétique des maladies neuromusculaires, l’équipe 2 menée par Gillian Butler-Browne dont les travaux portent sur le remodelage des tissus, le vieillissement et la thérapie cellulaire, et l’équipe 3 menée par Luis Garcia qui va développer les biothérapies utilisant la chirurgie de l’ARN. Ces trois équipes ont été retenues d’emblée par les tutelles. L’équipe 4 menée par Yves Fromes qui se concentre davantage sur l’évaluation et la physiologie, a été reconnue comme plateau technique pour ce plan quadriennal, nous pensons pourtant que cette équipe travaille sur une thématique majeure, comme je l'ai déjà souligné. Enfin l’équipe 5 menée par Lucie Carrier qui se focalise sur la génomique fonctionnelle de la cardiomyopathie hypertrophique et qui est délocalisée à Hambourg, n’est pas non plus intégrée pour ce plan.
Nous n’avons pas encore abandonné l’idée de convaincre nos tutelles du bien-fondé de notre point de vue, mais pour les quatre prochaines années, notre unité comptera ainsi trois équipes et un plateau technique. Nous avons par ailleurs voulu mettre en avant plusieurs projets transversaux, fédérateurs entre les équipes, qui vont favoriser la valeur ajoutée d’une telle composition, il y a des choses en cours qui marchent très bien. Les signes sont très positifs et l’esprit est bon !
 
*UPMC, INSERM, CNRS et AIM
 
Février 2009
Propos recueillis par Anne Berthomier