Le 9 mars dernier, Karen Ollivier a soutenu sa thèse à l’Institut de Myologie sur l’effet de l’entraînement aérobie sur des patients atteints d’une myopathie métabolique : la maladie de McArdle (glycogénose de type V). Ce travail a été dirigé par Pierre Portero, PU, Laboratoire de Physiologie Neuromusculaire de l’Institut de Myologie, où Karen Ollivier a été accueillie pendant 5 ans.
Retour express sur son parcours et son travail…
Comment s’est construit et déroulé votre projet de thèse ?
Au cours de mon DEA sur la physiologie du mouvement, j’ai effectué mon stage à l’Institut de Myologie où j’ai été accueillie au sein du Laboratoire de Physiologie neuromusculaire. A l’issue de cette année, Pierre Portero m’a proposé comme sujet de thèse le projet de protocole thérapeutique sur la maladie de McArdle.
Ce projet fut lourd à mettre en œuvre; il a nécessité plusieurs collaborations :
- Laboratoire de RMN (Dr P. Carlier),
- Laboratoire de Biochimie (Pr B. Hainque),
- Service des EFR (Pr M. Zelter),
- Consultation de pathologies neuromusculaire ( Pr B. Eymard).
Après la rédaction du projet et sa validation auprès de l’ensemble des intervenants, il a fallu s’atteler à trouver son financement. J’ai déposé auprès de l’AFM une demande qui a été acceptée : celle-ci m’a accordé à la fois une subvention et une aide aux études dont j’ai pu bénéficier pendant deux ans et demi.
Lors de la mise en place du protocole de recherche thérapeutique, qui a duré deux ans, j’ai réalisé une bibliographie sur la maladie de McArdle et mené une étude pour connaître le quotidien des patients : mode de vie, activité physique, symptômes, douleur, …
Cette étude a permis de valider l’intérêt du protocole de recherche et a souligné le fait que les patients qui pratiquaient une activité physique de loisirs semblaient présenter une réduction de leurs symptômes.
C’est durant cette période que la promotion par l’Inserm a été mise en place ainsi que l’obtention de l’accord du CCPPRB.
Quelles sont les modalités « pratiques » mises en œuvre pour mener à bien ce protocole ?
Le recrutement des patients a été effectué grâce à une liste de patients suivis à l'Institut de Myologie et au vu des résultats de l’étude précédente.
Parmi les critères d’inclusion : patients non sportifs recrutés par la consultation de l'Institut de Myologie; sans troubles cardiovasculaire, ni antécédent de rabdomyolyse, présentant un diagnostic confirmé par biopsie musculaire (déficit en myophosphorylase); …
Pour chaque patient, un entraînement de 8 semaines (bicyclette) étalé sur une période d’environ 5 mois a été mis en place.
Quels sont les résultats préliminaires de cette étude?
La maladie de McArdle est une myopathie métabolique qui se caractérise par une forte intolérance à l’effort, liée à un déficit en glycogène phosphorylase musculaire (ou myophosphorylase). Les patients présentent, souvent dès l’enfance, une fatigabilité excessive, des crampes musculaires douloureuses à l’exercice et des courbatures.
Notre hypothèse est que le réentraînement devrait avoir un effet bénéfique sur les patients atteints de la maladie de McArdle. L’exercice physique pratiqué de façon régulière devrait améliorer la tolérance à l’effort, réduire la fatigue et le temps d’adaptation à l’effort qui généralement est douloureux en modifiant le métabolisme musculaire aérobie.
Les résultats préliminaires portant sur 4 patients montrent, en effet, une amélioration de la tolérance à l’effort. L’entraînement aéorobie a permis une réduction du temps d’adaptation et une perception moindre de l’effort fourni (celui-ci semble pour les patients moins difficile à fournir).
Cette étude a également montré que l’exercice physique contrôlé ne provoquait pas d’effets secondaires néfastes chez les patients.
Quelles sont les suites ?
Ces résultats préliminaires méritent d’être confortés auprès d’une population plus importante afin de pouvoir conclure de façon définitive; le protocole va se poursuivre. Il est prévu pour une durée de 3 ans de septembre 2003 à septembre 2006 sur 12 patients.
Quant à moi, je compte poursuivre mon travail par un postdoc aux Etats-Unis et je cherche activement un laboratoire d’accueil sur New York.
Avis aux intéressés…