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Olivier Freund

Le 9 mai dernier, l’AFM et l’association Vaincre la Mucoviscidose ont uni leurs efforts pour organiser un atelier rassemblant des experts francophones, médecins et chercheurs, sur le thème des gènes modificateurs. Partenaires depuis 20 ans, les deux associations partagent en effet un intérêt commun pour les pistes issues de la connaissance des gènes. Elles avaient déjà d’ailleurs organisé un atelier sur le même modèle, il y a 4 ans, sur le thème de la thérapie génique.
 
Olivier FREUND, Chef de projets scientifiques à l’AFM.
 
 
Pourquoi avoir organisé cet atelier ?

L’AFM finance un certain nombre de projets dans le cadre de ses partenariats associatifs, en particulier avec l’Association Vaincre la Mucoviscidose. Nous avons eu l’idée d’un atelier commun sur les gènes modificateurs, un sujet assez bien connu dans la mucoviscidose, mais qui n’est abordé que par de rares équipes dans le cadre des MNM. Cet atelier nous a permis de voir ce que l’on pouvait apprendre de l’expérience acquise dans une pathologie comme la mucoviscidose pour l’extrapoler aux maladies neuromusculaires. Les objectifs de cet atelier étaient de présenter les méthodes utilisées pour identifier les gènes modificateurs dans le cadre de plusieurs pathologies comme la mucoviscidose, mais également la polykystose rénale ou le Syndrome de Wolcott-Radisson et définir les meilleures approches méthodologiques. 
Qu’est-ce qu’un gène modificateur ?

Un gène modificateur est un gène qui va induire une modification du phénotype sans pour autant déclencher lui-même la maladie. Dans une maladie donnée, prenons le cas de la mucoviscidose où une même mutation peut entrainer un phénotype différent en fonction des individus, cela sous-entend qu’il y a l’effet d’un ou plusieurs gène(s) qui va modifier le phénotype de la pathologie pour une personne donnée. Pour autant, ce gène n’est pas suffisant pour déclencher en lui même la maladie. De plus d’autres facteurs sont susceptibles d’influencer l’expression clinique de la pathologie, comme l’environnement (tabac, alcool, mode et lieu de vie…)
 
Quels sont les éléments qui ont émergés au cours de cet atelier ?

L’extrapolation des connaissances établies à partir de l’étude de maladies comme la muscoviscidose est rendue délicate par la complexité des maladies neuromusculaires.  Pour autant, la diversité des approches telles que le transcriptome, les bases de données, les statistiques rend difficile l’identification des gènes modificateurs Un certain nombre d’informations utiles est sorti de cet atelier démontrant la nécessité d’un consensus sur la manière de conduire les études. D’autre part, le coût estimé pour cribler plusieurs gènes modificateurs pour un individu en particulier serait de plusieurs centaines de milliers d’euros s’il est avéré que l’action des gènes modificateurs est spécifique de chaque individu. Finalement, l’approche gènes  modificateurs sera difficilement transposable dans le cas des maladies rares telles que les maladies neuromusculaires et une approche gène candidat serait peut être une voie à explorer.