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Quatre étudiants du DIU de Myologie (2006/2007)

Comme chaque année depuis 10 ans, le DIU de Myologie a réuni des étudiants d’origines variées, tant sur le plan géographique que sur le plan professionnel. Si chacun a ses préférences parmi les cours dispensés, tous soulignent la richesse des interventions et la qualité des experts qui enseignent, chacun dans sa spécialité. Le DIU leur permet également de créer des contact avec d’autres étudiants ou des intervenants, étoffant ainsi le réseau des professionnels da la myologie.
 
Nous avons rencontré quatre étudiants du DIU de Myologie qui illustrent parfaitement cette diversité. Mahdia Abdelouahab, Nektaria Alexandri, Yalda Nilipour et Yves Pellet nous racontent pourquoi ils ont voulu suivre le DIU à ce moment précis de leur formation ou de leur carrière et ce qu'ils y ont appris.
Yves Pellet
Yves Pellet est kinésithérapeute. Des raisons professionnelles et personnelles l’ont conduit à s’inscrire au DIU de Myologie. Ancien sportif de haut niveau, il est maintenant entraineur personnel à mi-temps. L’autre moitié de son temps est consacrée au suivi de patients dialysés dans une clinique spécialisée, à Paris. Il y travaille sur un programme de recherche sur la revascularisation de l’avant-bras des patients dialysés grâce à l’électrostimulation (de fait, on observe une dévascularisation de la partie distale de l’avant-bras qui, après plusieurs années de dialyse, entraîne des rétractions musculaires). Par rapport à son sujet de mémoire, Yves aurait voulu que l’accent soit mis davantage sur les mécanismes fondamentaux de la cellules ; pour autant, il a noué des contacts fort intéressants avec des chercheurs de l’INSERM travaillant sur le développement musculaire.
> Ecouter Yves Pellet (wma - 1'37)
Yalda Nilipour est à l’origine un médecin anatomopathologiste. Cette Iranienne est venue à l’hôpital Sainte Anne pour y suivre une formation en neuropathologie, qu’elle a choisi de compléter en suivant le DIU de Myologie, sur les conseils de plusieurs neuropathologistes de sa connaissance, en France, mais également en Iran où l’Institut est renommé.  Dans ce DIU, Yalda apprécie particulièrement la partie de l’enseignement qui porte sur la clinique des maladies neuromusculaires. Elle noue des contacts étroits avec des médecins et des chercheurs qui lui seront très importants lorsqu’elle sera face à des diagnostics difficiles. 
Son mémoire, dirigé par Jeanine Koening, porte sur relation entre l’expression de la sous-unité epsilon du récepteur de l’acétylcholinestérase et les différentes mutations engendrant les myasthénies congénitales (via des études immunohistochimiques).
En Iran, on trouve seulement des spécialistes d’anapathologie générale (il n’existe pas de formation en neuropathologie), et ils pratiquent peu les analyses de muscle. Les prélèvements sont difficiles, et les étapes de préparation des biopsies sont délicates et chères. Lorsqu’elle retournera en Iran, Yalda Nilipour sera la première neuroanapathologiste spécialisée dans les maladies neuromusculaires.
> Ecouter Yalda Nilipour (wma - 1'09)
Nektaria Alexandri, neurologue, a fait ses études de médecine et son internat en Grèce. Venue en France pour s’orienter vers la neurophysiologie, elle est devenue chef de clinique à Bichat, et exerce son activité de recherche clinique sur les syndromes myasthéniques congénitaux à l’Institut de Myologie, dans l’équipe de Bruno Eymard et de Daniel Hantai (Inserm, U582). Dans sa consultation d’explorations fonctionnelles de Bichat, Nektaria voit beaucoup de patients atteints de maladies neuromusculaires. Prenant conscience que sa formation de neurologue l’a laissée ignorante d’une pléiade de maladies, et en particulier les maladies du muscle, elle a décidé de s’inscrire à ce DIU pour mieux connaître ces maladies rares. D’ailleurs, Nektaria apprécie particulièrement le fait que les sujets sont abordés de façon combinée : pour chaque type de maladie, les notions fondamentales sont enseignées, puis les cours portent sur les maladies plus en détail. Enfin, elle préconiserait d’organiser encore plus d’ateliers cliniques, qui l’intéressent beaucoup. Son mémoire portera sur l’évolution clinique des syndromes myasthéniques congénitaux en fonction de la mutation du gène impliqué dans la maladie.
> Ecouter Nektaria Alexandri (wma - 1'41)
Cette année, la benjamine du DIU est Mahdia Abdelouahab. Après des études de biochimie en Algérie, elle est venue en France poursuivre son cursus par un master professionnel puis un master recherche, avec l’idée de faire une thèse. N’ayant pu trouver de financement cette année, elle en a différé le début, et a décidé, « pour ne pas rester les bras ballants », de suivre le DIU, revenant ainsi à l’un de ses premiers centres d’intérêt, la myologie. Si ce qui concerne la biologie moléculaire ou l’anatomie ne lui a causé aucun souci, la partie clinique en revanche lui a parue plus ardue. Elle propose de développer le côté fondamental -parler des mutations-, et expérimental -ce que l’on fait à la paillasse. Mahdia avait prévu de réaliser son stage chez Claude Jardel, et y préparer son mémoire sur le diagnostic moléculaire d’une maladie mitochondriale, l’ataxie de Friedrich. Mais récemment, elle a accepté l’offre de thèse d’un laboratoire belge, et a même déjà entamé son nouveau projet de recherche. Si elle n’a pas passé l’examen ni soutenu de mémoire pour le DIU, elle a passé une année universitaire riche en enseignements, et reviendra peut-être, par hasard, à la myologie.
> Ecouter Mahdia Abdelouahab (wma – 44')