En bref
A propos du diagnostic : Richard Lemmers (NL), Nicolas Levy (F) et Kevin Flanigan (USA) ont confronté leur expérience et avancées en matière de caractérisation génétique de FSHD. Il est clair que les outils de diagnostic se sont affinés ces dernières années. Le lien avec la région D4Z4 est aujourd’hui clairement avéré même s’il subsiste encore des zones d’ombre. Normalement, le nombre de répétions D4Z4 est compris entre 11 et 150. Les patients FSHD en présentent moins d’une dizaine. Il apparaît également que la gravité des symptômes est fonction du nombre de répétions restantes. Ainsi, les patients ayant entre 8 et 10 répétitions peuvent ne présenter que des symptômes très légers. L’impact de gènes modificateurs n’est pas à exclure puisque qu’un nombre de répétitions D4Z4 inférieur à 10 est la plupart du temps synonyme de maladie dans la population caucasienne, alors que dans la population japonaise des individus ayant 6 à 10 répétitions ne sont pas affectés. Enfin, il est aujourd’hui établi que la maladie est toujours liée à l’allèle 4qA et non à l’allèle 4qB.
Les études épidémiologiques font état que l’incidence est de 1/14000 naissances. Tous les cas de FSHD sont liés à une contraction de D4Z4. Les 5 % de cas pour lesquels D4Z4 n’était pas impliqué ont dans leur majorité été reclassés dans d’autres pathologies. Richard Lemmers a présenté la caractérisation de nouveaux bio-marqueurs qui permettront de rendre le diagnostic plus précis. Ces nouveaux marqueurs sont beaucoup plus proches du locus D4Z4 et permettent également de différencier plusieurs variants alléliques 4qA.
Transcriptome et protéomique : Kevin Flanigan (USA) et Cecilia Gelfi (I) ont fait état de leurs travaux déjà publiés. Loin d’être source de controverses, leurs travaux soulignent la difficulté de comparer des résultats issus de techniques et de laboratoires différents. Ainsi, plusieurs gènes impliqués ou du moins candidats au mécanisme physiopathologique de FSHD (i.e. FRG2 et Dux4) ne figurent pas sur les « puces » transcriptomes et ne sont pas détectables en protéomique, et il n’est donc pas surprenant qu’aucune modification de leurs niveaux d’expression n’ait été relatée. De même, il existe différentes isoformes de FRG1 non liées à D4Z4 embrouillant sa détection. Enfin, il n’est pas non plus possible d’identifier le produit du gène ANT1 en protéomique dans les conditions expérimentales utilisées.
Cecilia Gelfi a comparé les protéines exprimées dans les muscles vastes latéraux (atteint) et deltoïdes (moins atteint). Les patrons d’expression varient en fonction de l’âge mais il apparaît que les protéines contractiles sont diminuées, les protéines glycolytiques sont augmentées, et que les protéines impliquées dans des voies oxydatives sont diminuées. Ces résultats sont en cours de confirmation par Western blot. Des travaux similaires sont conduits par Dalila Laoudj (F).