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Faits marquants 2005

Implication de la Dynamine 2 dans la forme autosomique dominante de la myopathie centronucléaire

Les myopathies centronucléaires (MCN) constituent un groupe de myopathies congénitales rares cliniquement et génétiquement hétérogènes. Depuis la première description de la pathologie en 1966, plusieurs formes de MCN ont été individualisées en fonction de leur transmission génétique : la myopathie myotubulaire qui est la forme la plus sévère liée au chromosome X et les formes autosomiques (dominante et récessive) cliniquement moins graves. Des mutations responsables de la myopathie myotubulaire ont été identifiées dans le gène codant la myotubularine (MTM1), une phosphoinositide phosphatase potentiellement impliquée dans des processus de trafic membranaire. En revanche, l’origine génétique des formes autosomiques est restée indéterminée jusqu’en 2005.
 Les patients atteints de la forme autosomique dominante de MCN présentent une faiblesse musculaire lentement progressive, le plus souvent à début précoce et associée à une atteinte oculaire entraînant un ptosis ou une ophtalmoplégie. Le suivi de nombreux patients atteints de MCN et des membres de leur famille a permis de préciser les caractéristiques cliniques et morphologiques de cette maladie (Jeannet et al. 2004). L’exploration des biopsies musculaires permet de diagnostiquer cette forme de myopathie congénitale caractérisée par une proportion élevée de fibres musculaires contenant des noyaux centralisés, la prédominance des fibres de type I et la présence de travées sarcoplasmiques irradiant des noyaux centraux donnant à ces fibres un aspect caractéristique dit en « rayon de roue ».
 Une analyse de liaison génétique a été réalisée sur trois grandes familles atteintes de la forme autosomique dominante de la MCN et a abouti à la détermination d’un locus morbide sur le bras court du chromosome 19 en position 19p13.2 couvrant une région de 11 Mégabases incluant près de 200 gènes. Le criblage de gènes candidats présents dans cette région du génome a conduit à l’identification de mutations faux sens dans la séquence du gène (DNM2) codant la dynamine 2 (DNM2), provoquant la substitution d’un acide aminé par un autre dans la séquence de la protéine (Bitoun et al. 2005). Quatre mutations différentes ont été trouvées chez 50 patients, issus de 11 familles, atteints de la forme autosomique dominante ou de cas sporadiques (Figure 1).