L’équipe 5 de l’unité Inserm 582 nommée « Physiopathologie cellulaire et
moléculaire des maladies mitochondriales » et dont la responsable est Anne
Lombès a poursuivi ses études sur l’organisation de l’ADN mitochondrial (ADNmt)
humain. Elle a montré que l’ADNmt est organisé en plusieurs centaines (~ 500 –
800) de nucléoïdes, complexes nucléoprotéiques dont la nature et la structure
restent peu connues.
Ils ont également montré que les nucléoïdes humains contiennent de deux à
huit molécules d’ADNmt chacun et qu’ils sont enrichis en protéine «
mitochondrial transcription factor A » qui pourrait jouer un rôle structural
analogue à celui des histones.
Leurs expériences de fusion cellulaire ont révélé que les nucléoïdes ont une
mobilité réduite à l’intérieur des mitochondries (voir figure ci-dessous). Étant
donné que les mutations de l’ADN mitochondrial n’induisent un déficit (et des
symptômes chez le patient) que lorsque leur proportion est importante (au-dessus
de 60/80 %), une mobilité restreinte pourrait conduire à la ségrégation et
l’enrichissement de molécules d’ADN mitochondrial mutées dans des cellules en
croissance.
La mobilité de l’ADNmt à l’intérieur du compartiment mitochondrial
est limitée.
A : Des cellules (délimitées par une
ligne pointillée) dont les mitochondries sont marquées avec une protéine
fluorescente (GFP) sont co-ensemencées avec des cellules contenant de l’ADN
(nucléaire et/ou mitochondrial) marqué.
B : La fusion de ces
cellules a conduit à la formation de polykaryons (dont celui délimité par la
ligne pointillée). La protéine fluorescente (GFP) marque tout le compartiment
mitochondrial, mais la distribution de l’ADN mitochondrial est restreinte à une
sous-région de la cellule. Ceci indique que la mobilité de ce dernier est
réduite par rapport à la mobilité de la GFP. Extrait de Legros et al.
(2004).