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Faits marquants 2004

Première démonstration de mutations du gène MuSK

 
L’équipe 4 de l’unité Inserm 582 nommée « Développement, plasticité et affections génétiques de la synapse neuromusculaire » et dont le responsable est Daniel Hantaï a mis en évidence la mutation de MuSK, un récepteur musculaire, postsynaptique, de type tyrosine-kinase.
 
Son activation par l’agrine neurale libérée par le motoneurone détermine l’agrégation des récepteurs de l’acétylcholine sous la terminaison nerveuse et leur stabilisation par la rapsyne. Les analyses de la jonction neuromusculaire sur les biopsies des patients ont permis d’orienter la recherche vers des gènes non encore identifiés. Les modifications d’expression de MuSK chez une patiente souffrant de SMC nous ont permis d’identifier pour la première fois deux mutations dans le gène MuSK. L’analyse génétique a permis d’identifier deux mutations hétéroalléliques, une mutation entraînant un décalage du cadre de lecture (c.220insC) et une mutation faux-sens (V790M). Des expériences in vivo et in vitro ont été réalisées en utilisant des mutants de MuSK reproduisant les mutations humaines. La mutation décalant le cadre de lecture conduit à l’absence de l’expression de MuSK. La mutation faux-sens n’affecte pas l’activité catalytique kinase de MuSK, mais diminue son expression et sa stabilité conduisant à une diminution de l’agrégation du RACh sous la dépendance de l’agrine. Ces résultats indiquent que la mutation faux-sens, en présence de la mutation nulle sur l’autre allèle, est responsable des modifications synaptiques très importantes observées chez le patient (Chevessier 2004).
 
Cette mutation semble induire la libération d’un facteur musculaire capable de modifier l’innervation motrice, ce facteur est à caractériser. Une souris portant cette mutation humaine est en cours de réalisation à l’EMBL (Veit Witzemann, Heidelberg) à visée cognitive et éventuellement thérapeutique.
Mutations du gène MuSK
Préparation in toto d’une biopsie musculaire d’un patient souffrant de SMC dû à une mutation du gène codant MuSK. Le récepteur de l’acétylcholine (RACh) a été marqué par l’a-Bungarotoxine (en rouge) et les terminaisons axonales par un anticorps anti-neurofilament (en vert). La terminaison axonale bourgeonne d’une petite cupule synaptique à une autre chez le patient alors qu’elle finit classiquement en forme de fourche et innerve une structure synaptique bien circonscrite chez le témoin.
Barre = 20 µm.