La thérapie cellulaire vise à remplacer des populations de cellules déficientes afin de restaurer les fonctions du tissu endommagé suite à une maladie ou à un traumatisme.
Malgré les multiples défis méthodologiques (modèles précliniques, production et préservation des cellules, voie d'administration, critères objectifs d'évaluation, etc.), la thérapie cellulaire est déjà devenue une réalité dans la réparation du tissu musculaire. On peut citer des maladies musculaires génétiques – telles que la dystrophie musculaire de Duchenne, la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale, la dystrophie musculaire oculo-pharyngée - ainsi que des pathologies acquises telles que l'insuffisance cardiaque et la déficience des muscles sphinctériens. Les cellules utilisées peuvent être de différents types et origines : cellules musculaires progénitrices autologues, cellules CD56 ou desmine (+), cellules précurseurs du muscle, cellules myoendothéliales, cellules dérivées du sang (CD 133, cordon ombilical, règles), cellules du tissu adipeux… L'administration peut se faire par voie intramusculaire, intraveineuse, ou par cathéter.
Christian Pinset (France) a présenté les premiers résultats des essais cliniques réalisés en pathologie sphinctérienne, notamment dans l'incontinence urinaire (suite à la chirurgie de la prostate par exemple), et l'incontinence anale (une complication possible des épisiotomies lors de l'accouchement). Dans le traitement de l'incontinence urinaire, des cellules précurseurs du muscle ont été utilisées. La biopsie est réalisée au niveau du muscle deltoïde de l'avant-bras sous anesthésie locale. Dans l'incontinence anale, des sites d'injection précis et la surveillance de l'efficacité du traitement ont pu être visualisés. D'autres essais cliniques sont en prévision.