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Compte rendu 1er congrès Myores- 2005

Compte rendu 1er congrès Myores- 2005

Présentations générales

> Mésoangioblastes par Guilio Cossu
> Myoblastes et thérapie cardiaque par Ketty Schwartz
> Mécanismes de la régénération musculaire par Nadia Rosenthal
> Segmentation des muscles des vertébrés par Olivier Pourquié
> Voie de signalisation Wnt dans la détermination musculaire par Tom Rando
Mésoangioblastes par Guilio Cossu
 
G. Cossu
Isolés à partir de vaisseaux sanguins embryonnaires et post-nataux de souris, chien et homme, les mésoangioblastes expriment les marqueurs : CD34+, Sca-1+, Tly-1+ et de manière transitoire Flk-1+ et c-Kit+.
Les mésoangioblastes peuvent se différencier en muscles lisses et ostéoblastes en présence de TGFb1 et BMP2 respectivement. Ils se différencient en muscle squelettique ou en cardiomyocytes en co-culture avec des myocytes ou des cardiocytes.
Les mesangioblastes sains ou génétiquement modifiés peuvent être administrés par voie intravasculaire. S’ils sont injectés dans la veine de la queue de la souris, ils s’agrègent dans les capillaires. Des souris KO alpha-sarcoglycane traitées préservent leur motricité (cellules transfectées avec un lentivirus).
En vue de la clinique, les objectifs sont d’améliorer le homing, caractériser les mésoangioblastes humains et de les tester chez le chien.
 
Les mésangioblastes migrent à travers l’endothélium en réponse à des cytokines libérées par le muscle telles que le TNFalpha et SDF-1 (chemo-attractant). Le pré-traitement des mésoangioblastes avec ces cytokines avant d’être injectées via l'artère fémorale permet d'augmenter leur migration in vivo (effet : X 2). De même l’expression transitoire de l'alpha 4-integrine et de la L-selectine permet d'augmenter la migration d'un facteur 5. Cette augmentation du homing s’accompagne d’une augmentation de l'expression d’alpha-sarcoglycane (histologie et PCR quantitative).

 
  • Chez l'homme
A partir de biopsies, on peut isoler des petits vaisseaux et les mettre en culture (des cellules rondes et faiblement adhérentes sont isolées et cultivées en présence de facteurs de croissance : FGF, EGF, PDGF). Expansion : à partir de quelques milliers de cellules on obtient quelques milliards (au-delà, sénescence).
L'analyse par microarrays permet de retrouver un clustering des gènes en fonction de la nature cellulaire (mesoangioblates vs fibroblastes vs cellules épithéliales) et selon la pathologie.
Les mésoangioblastes humains sont alkaline phosphatase+ et se différencient en muscle lisse et cardiaque.
Cultivés sur matrigel et avec un faible pourcentage en sérum (Megacell), ils se différencient spontanément en muscle squelettique.
 
  • Chez le chien GRMD
Biopsies prélevées 30 jours après injection de 108 mésoangioblastes autologues dans l’artère fémorale droite (sénescence après 30 passages) transfectés avec un lentivirus codant pour la minidystrophine. Optimal en milieu PBS sans calcium + héparine. L’histologie semble préservée dans les muscles perfusés. Une forte variabilité est observée entre les muscles : TA < Gastrocnemius et sartorius (jusqu'à 7,5% de fibres positives). La force de contraction sur fibres isolées est augmentée pour les fibres rapides. Un chien a reçu des mésoangioblastes d'un donneur compatible. Les résultats sont légèrement meilleurs, mais sans amélioration clinique significative.
Seconde expérience avec 5 injections de 5x108 cellules (3 avec cellules autologues-microdystrophine et 3 avec des cellules de donneurs). Administration par cathétérisation de l’artère sous-clavière. Variabilité entre les chiens. Les résultats les plus significatifs sont obtenus avec des cellules de donneurs sains.(+ immunosuppression avec cyclosporine). Une grande variabilité est observée même à l’intérieur d’un même muscle. Il est envisagé de réaliser 10 injections. La force tétanique est partiellement préservée.
Une réponse immunitaire est observée contre les mésoangioblastes et les cellules dystrophine-positives. L’immunosuppression est probablement responsable de l’amélioration clinique des chiens (CK et scores cliniques).
Difficulté d'analyse due à une grande variabilité des résultats : une mutation mais différents phénotypes.
La minidystrophine serait plus efficace chez le gros animal comparé à la minidystrophine (d'après Chamberlain).
Les facteurs de homing n'ont pas été testés chez le chien.
Myoblastes et thérapie cardiaque par Ketty Schwartz
Ketty Schwartz
 
Chez les modèles animaux (rat, mouton), il n'y a pas de couplage électrique entre les cardiomyocytes et les myotubes formés après injection de myoblastes squelettiques dans le cœur (pas d'expression de connexine 43). Les myotubes restent des cellules squelettiques dans le tissu cardiaque. La greffe persiste sur le long terme, mais la taille des clusters de cellules diminue progressivement. La fonction cardiaque est améliorée.
Un modèle de hamster (CHF147) présente une cardiomyopathie dilatée.
Les cellules de la moelle osseuse (CD133+) peuvent également être utilisées, mais 1 mois après la greffe, peu persiste dans le cœur.
Chez l’homme la greffe de myoblastes (desmine+ et CD56+) permet d'améliorer la fonction globale du ventricule gauche et d'augmenter la contractibilité cardiaque. La biopsie d'un des patients décédés (sans rapport avec la greffe) à montré 17,5 mois après la greffe que 1/3 des fibres musculaires formées sont de type rapide, 1/3 de type lent et 1/3 mixte.
Effets secondaires : VT long chez 4 patients. Cependant, les arythmies sont fréquentes chez ces patients.
Phase II « MAGIC » : randomisée, double aveugle. 300 patients. 400 et 800x108 myoblastes. 25 centres cliniques en F, UK, B, CH, All, Canada.
A ce stade : 86 patients traités, 2 prévus pour biopsie, 3 pour traitement. 10 ont terminé le traitement.
La cyclosporine semble réduire les possibilités de colonisation des zones infarcies par les myoblastes (effet sur la différenciation ?).
Futur : utilisation des progéniteurs cardiaques. Les mieux caractérisés sont les cellules Isl1+. Elles sont présentent dans le cœur embryonnaire et post-natal. Ces cellules colonisent au moins 20% de la zone infartie (1 mois après transplantation chez le mouton).
K Schwartz informe qu’elle coordonne avec K Chien un réseau CaPTAA avec financement de la Fondation Leducq : "Heart progenitors in cardiovascular development and disease".
Mécanismes de la régénération musculaire par Nadia Rosenthal
 
Nadia Rosenthal
L'IGF-1 : stimule la croissance sous le contrôle de l’hormone de croissance chez l’embryon. Une déficience chez l’homme est associée à une atrophie musculaire et une réduction de fonction.
L'hormone circulante est produite par le foie et les muscles (notamment le diaphragme) après la naissance. Un excès est source de cancer. La réduction des voies IGF-1 augmente l’espérance de vie chez l’animal.
La forme musculaire locale de l'IGF-1 est très importante pour la croissance fœtale. Elle est produite en réponse à une blessure et induit la multiplication, la différenciation et l'angiogenèse.
Toutes les isoformes sont produites dans le muscle, notamment le diaphragme. L'IGF-1 contrôle également la différenciation des myoblastes. Différents peptides signal sont générés impliqués dans différentes fonctions biologiques.
Voie : récepteur  PI3-kinase PDK1/Akt  p70(-K, MyoD, Myogenin, p21, MEF2  augmentation de la synthèse protéique et diminution de la dégradation des protéines (ubiquitination).
Les différentes isoformes des peptides E et les voies activées sont à l'étude.
 
Rôle de la calcineurine (CnA) dans la régénération musculaire
Cette phosphatase est associée aux disques Z. Différentes isoformes sont exprimées différentiellement durant le développement. La CNA-beta1 (pas CnA-alpha) est induite dans la réparation musculaire.
 
Une nouvelle voie de signalisation induite par IGF-1 : via la kinase IKK-alpha qui inhibe NFkB. Elle limite l’inflammation et l'atrophie. Piste : combinaison de l’activation de l’IGF1 et inhibition du NFkB.
Possibilité d'augmenter par voie pharmacologique l’IGF1 : le clenbuterol est un exemple.
Segmentation des muscles des vertébrés par Olivier Pourquié
 
Olivier Pourquié
La segmentation des muscles est sous contrôle d'un gradient de FGF qui définie la compétence des cellules à la segmentation, et d'une horloge de segmentation dont l'activation régule les gènes de la segmentation.
Cet oscillateur utilise les voies Notch et Wnt dont la connaissance détaillée est à parfaire.
Utilisation de micro-arrays pour rechercher des nouveaux gènes cycliques.
Un clustering a été retrouvé en fonction des voies de signalisation Notch et Wnt qui sont en opposition de phase : voie Notch : gènes Hes1, Hes5, Hey1 ; voie Wnt : gène axin2. Ces gènes sont en cours d'analyse.
Ces résultats permettent de renforcer le rôle de la voie Wnt, d'identifier les voies Notch et Wnt comme prédominantes, d'identifier une nouvelle voie : FGF/ephrin.
La régionalisation des muscles se fait via la régionalisation de l'expression des gènes Hox le long du mésoderme paraxial. Proposition d'un nouveau modèle où les compartiments somitiques médiaux et latéraux ont une origine différente dans le sillon primitif : les somites médiaux proviennent de cellules souches de la partie antérieure du sillon primitif ; les somites latéraux proviennent de progéniteurs qui entrent en continu à partir d'un territoire épiblastique régionalisé. Les gènes Hox contrôlent l'établissement de la colinéarité spatiale en régulant le timing de l'entrée des cellules dans le sillon primitif.
Voie de signalisation Wnt dans la détermination musculaire par Tom Rando
 
Tom Rando
La régénération musculaire dépend de l'activation et de la prolifération des cellules satellites. Ceci passe par un progéniteur intermédiaire caractérisé par un cycle de prolifération rapide et une expression transitoire de Pax3 : Cellule satellite quiescente (CD34+) --> Cellule satellite activée --> progéniteur intermédiaire (Pax3+) --> myoblaste (compétant pour fusionner, desmine+).
Cette transition est sous la dépendance de la voie Notch :
Progéniteur intermédiaire (Pax3+)
------> Myoblaste
Notch <---------> Wnt
 
L'expression de Numb (inhibiteur de Notch) dans les cellules en progression vers le stade myoblaste, est accompagnée par une augmentation d'expression de la forme active de la béta-caténine, indiquant l'activation de la voie Wnt. Au stade précoce de la transition la voie Notch est prédominante, alors qu'au stade tardif la vois Wnt prédomine.
Dans un modèle de régénération musculaire in vivo, l'inhibition précoce de la voie Wnt (1-2 jours après lésion musculaire) a très peu d'effet sur le processus de régénération. Par contre une inhibition tardive de la voie Wnt (3-5 jours après lésion musculaire), bloque la différenciation myoblastique et la fusion des myotubes.
La balance temporelle entre l'expression de Notch et de Wnt est importante pour réguler le niveau de GSK-3béta, un régulateur clé de la béta-caténine. Cette balance temporelle entre Notch et Wnt orchestre la progression des cellules musculaires précurseurs d'une phase quiescente vers une phase de prolifération et de différenciation.

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