
- Testing musculaire manuel et
quantifié
Claude Desnuelle (Nice), Jean-Yves
Hogrel(Paris)
L’étude de l’histoire naturelle d’une maladie neuromusculaire, ainsi que
l’évaluation de l’efficacité d’un traitement nécessitent des méthodes de mesure
de la force musculaire sensibles, fiables et reproductibles. Plusieurs outils
d’évaluation de la force musculaire sont disponibles. Le testing musculaire
manuel (MMT de Manual Muscle Testing ou MRC de Medical Research Council Scale)
et le testing quantifié (QMT de Quantitative Muscle Testing ou MVIC de Maximal
Voluntary Isometric Contraction) sont les techniques les plus utilisées. Bien
que le testing quantifié soit plus fiable que le testing manuel, il faut
souligner que de nombreux facteurs sont susceptibles d’influencer toutes ces
mesures. Certains de ces facteurs sont contrôlables, comme le mode opératoire,
les caractéristiques techniques, d’autres incontrôlables comme la variabilité
intrinsèque des capacités du système neuromusculaire. Dans le souci d’harmoniser
les procédures et les modes opératoires il est recommandé d’assurer une
formation commune et approfondie des évaluateurs et d’organiser des debriefings
et entraînements liés aux protocoles en cours. Il est de même pertinent de faire
participer ces mêmes évaluateurs à la rédaction des procédures, adaptées
aux objectifs du protocole. Les modes opératoires doivent être décrits avec
grande précision et sans interprétation possible. En effet, le pré-requis
indispensable à la mise en place de tout protocole d’essai thérapeutique est la
création d’un réseau coordonné d’évaluations fonctionnelles.
- Evaluation de la fonction
respiratoire
Thierry Perez (Lille)
Les modalités d'évaluation de la fonction respiratoire vont dans le sens
d'une optimisation de la prise en charge des patients atteints de maladies
neuromusculaires. De nouvelles techniques , comme l’analyse détaillée de
l'oxymétrie nocturne et de la PCO2 transcutanée, permettent une meilleure
évaluation nocturne de la respiration. La surveillance respiratoire est
essentielle dans le suivi de ces pathologies, permettant de déterminer le moment
optimal de prise en charge, en matière de ventilation non invasive et
désencombrement bronchique. Elle associe recherche systématique des signes
cliniques, explorations fonctionnelles (spirométrie, gaz du sang artériel ou
capillaire, PImax, PEmax, SNIP, pressions transdiaphragmatiques) et, au moindre
doute, évaluation nocturne (oxymétrie nocturne, polysomnographie).
Malheureusement, les modalités et le rythme de la surveillance nocturne sont
encore mal codifiés. L'utilisation de l'exploration non invasive des muscles
respiratoires devrait être systématique en routine clinique. De plus, elle
mériterait d'être intégrée dans les critères d'évaluation thérapeutique. En
termes d'exploration fonctionnelle respiratoire, la spirométrie est
insuffisamment sensible pour dépister précocement une dysfonction musculaire à
ce niveau.

- Essais thérapeutiques et
maladies neuromusculaires
Pascal Laforet
(Paris)
Les nombreuses perspectives thérapeutiques, qui se présentent pour les années
à venir, posent le problème de la disponibilité des patients pour les essais. La
rareté des maladies neuromusculaires et la nécessité de former des groupes
homogènes de patients orientent vers la mise en place d'essais multicentriques,
au niveau national et international. Par ailleurs, ces pathologies sont
caractérisées par une grande variabilité, qui justifie une étude de l'histoire
naturelle, préalable aux protocoles thérapeutiques. Les études de l'histoire
naturelle des maladies n'ont pas de bénéfice immédiat pour les patients, mais
peuvent être suivies d'essais thérapeutiques.
- Eléctromyographie de surface
et fonction musculaire en pathologie
Annick Labarre-Villa
(Grenoble)
Annick Labarre-Villa (Grenoble) L'électromyographie de surface (SEMG) permet
l'analyse de l'enveloppe du signal EMG obtenu lors de contractions volontaires
maximales et du potentiel musculaire composé correspondant. Il s'agit d'un
examen électromyographique non invasif, encore peu disponible, mais attendu par
les neurophysiologistes cliniciens et leurs patients. Dans le domaine des
maladies neuromusculaires cet examen ne peut s'appliquer au diagnostic, mais
plutôt au suivi de l'évolution de l'activité EMG globale.
- Etude de
validation
Carole Bérard (Lyon)
La Mesure de la Fonction Motrice (MFM), outil d'évaluation de la
fonction motrice du tronc, des membres supérieurs et inférieurs dans les
maladies neuromusculaires, permet de décrire précisément l'évolution de chaque
patient et de chaque maladie. Elle devrait faciliter la constitution de groupes
homogènes de patients, permettre d'établir des corrélations génotype/phénotype
et d'évaluer l'efficacité de certaines thérapeutiques. Deux études, chez 376 et
303 patients ont permis la validation de cette échelle, suivie par la
publication d'un manuel détaillé. Des sessions de formation des
kinésithérapeutes à la MFM sont proposées.

- Echelles dédiées : l'exemple
de la dystrophie myotonique
Guillaume Bassez
(Creteil)
Le suivi de la dystrophie myotonique requiert un nombre élevé de tests, pour
la plupart non-spécifiques. Les essais thérapeutiques utilisent généralement des
critères de motricité semblables: le testing musculaire, des tests fonctionnels
chronométrés (scores d'Appel) et des scores d'activité quotidienne. D'autres
évaluations, cardiaque, respiratoire, neuropsychologique ainsi que des mesures
de somnolence (score d'Epworth) sont prises en compte par les échelles
permettant de corréler les informations obtenues lors de ces examens. Outre ces
outils d'évaluation, la MIRS (Muscle Impairment Rating Scale) est une échelle
récemment validée, spécifiquement développée pour rendre compte de la
répartition distale et de la progression proximale de l'atteinte musculaire dans
la dystrophie myotonique de Steinert (DM1). Cependant, sa faible sensibilité
n'en fait pas un bon candidat comme critère d'évaluation lors des essais
thérapeutiques.
L’évaluation de la myotonie est actuellement réalisée à
partir de la mesure des temps de relaxation de la force après un effort intense
stabilisé pendant quelques secondes. De nouveaux outils pour apprécier
quantitativement la période réfractaire neuromusculaire, pourraient être mis en
place dans les années à venir.