
A l’initiative des professeurs R. Whalen et S. Takeda, un premier colloque organisé en 1995 autour de la thérapie génique des maladies neuromusculaires visait à promouvoir la coopération dans ce domaine entre la France et le Japon. Depuis, des chercheurs des deux pays se rassemblent tous les deux ans, alternativement en France et au Japon, autour des thématiques de la Myologie et des pistes thérapeutiques des maladies neuromusculaires.
Présidée conjointement par les professeurs H. Sugita et M. Fardeau, la 7e édition du colloque franco-japonais a rassemblé cette année au Japon, du 8 au 9 juin 2007, 70 chercheurs et médecins impliqués dans les derniers développements de la Myologie et des thérapies moléculaires des dystrophies musculaires.
Photo : Les participants au 7e colloque franco-japonais à Hayama – Kanagawa, Japon
Le colloque a été lancé par la conférence d’ouverture du professeur O. Nureki, spécialiste des bases structurales des mécanismes dynamiques de la fonction des protéines. L’analyse cristallographique de la sélénoprotéine N (SePN), impliquée dans deux types de dystrophies musculaires, a été présentée et résulte d’une étroite collaboration franco-japonaise.
Dans la première partie du colloque, les travaux poursuivis en France et au Japon sur la physiopathologie de différentes maladies neuromusculaires ont été présentés. En particulier, la dystrophie musculaire d’Emery-Dreifuss, les syndromes myasthéniques congénitaux et la myasthénie gravis, les dystrophies musculaires congénitales, ainsi que la myopathie distale à vacuoles bordées (DMRV), la myopathie centronucléaire et l’atrophie musculaire étaient au programme.
Après les présentations portant sur l’évaluation de la fonction motrice des patients atteints de dystrophies musculaires, la seconde partie du colloque a été dédiée à la thérapie moléculaire des dystrophies musculaires. Les travaux de recherche menés au Japon et en France sur la thérapie génique, cellulaire et pharmacologique par inhibition de la myostatine ont été successivement abordés avant la clôture du colloque par les allocutions des professeurs M. Fiszman et S. Takeda.
Le colloque a également été l’occasion d’échanges concernant la prise en charge clinique des patients atteints de dystrophie musculaire congénitale d’Ullrich. En particulier, les indications d’interventions chirurgicales des scolioses et l’importance du suivi durant la première année postopératoire ont été discutées.
De plus, la nécessité d’un consortium autour des outils d’évaluations de la dystrophie musculaire chez les patients a été soulignée et l’utilité d’un symposium international autour de ce thème en a été conclue.
Des discussions entre chercheurs nippons et français en marge des séances plénières ont permis de faciliter les collaborations déjà en place, par exemple dans les domaines des envelopathies nucléaires et des dystrophies musculaires congénitales pour ne citer qu’eux, et de stimuler de nouvelles interactions entre laboratoires des deux pays.

En conclusion, plus de dix ans après le premier colloque franco-japonais, la coopération entre équipes de recherche des deux pays en vue d’une meilleure compréhension des maladies neuromusculaires et du développement de thérapies reste toujours aussi dynamique. La participation de davantage de jeunes chercheurs nippons et français aux prochains colloques a été encouragée.
Photo : Les Docteurs Takuro Arimura et Akiko Yanagisawa, jeunes chercheurs japonais ayant effectué un brillant séjour à l’Institut de Myologie à Paris, en compagnie du Docteur Denis Furling de l’Institut de Myologie illustrent les liens entre chercheurs japonais et français de nouvelle génération.